‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 209 sur 294 · LIVRE ir, CHAriTRE II · texte numérisé non relu

LIVRE ir, CHAriTRE II

3. L)e là il résulte que, dans un voyage de mer, si les vivres viennent à manquer, chacun doit mettre en commun les aliments qu'il possède [Digest., l. II, § 2, ad Leg. Uliod.). C'est ainsi que, dans un cas d'incendie, je puis, l)oiii' ])roléycr mon édifice, détruire celui de mon voisin (/. 111, § 7, Digcsl., de inccnd.); et que je puis couper les cilbles ou les lilcls sur lesquels mon embarcation a été poussée, si elle ne peut s'en dégager autrement (*) (/. XXIX, § .'^, Digcsi., ad Leg. AfjuU.). Tous ces points n'ont i)as été introduits par la loi civile, mais ils ont été (lévelo|ipés |»ar elh;.

\. Parmi les théologiens eux-mêmes on a admis ce |)rincii»e (jue, dans le cas d'une semblable nécessité, si (piebpi'un vient à soustraire un objet nécessaire à sa vie, il ne conunet point un vol (Thomas, secund.'secund., 60, 7; GovARiiuviAS, Cap. Pccca^u?», p. 2, § 1). La raison de

nations neutres, cdit. Guillaumiu, 1858, 2' édit., 1. 1, p. 150 et suiv.).

La première trace d'un droit quelconque qui pourrait dériver de la nécessité, se rencontre dans une iilirase du traité De Jure bèlli d'Albéric Gcntiiis. Mais rorif,'ine de ce prétendu droit a été l'ambition des belligérants, le désir d'anéantir le négoce et la navigation des nations neutres. Le mol droit n'avait pas encore été réuni au mol nécessité. Ce l'ut Grotius ((ui les accoupla. Les écrivains qui ont suivi les traces de Grotius ont adopté et bcaucou]» étendu sa doctrine, en la combinant avec celle de Gentilis. Lanq)redi est celui ([ui a donné le plus de développement à son opinion, qui, du reste, est absolument la morne que celle de ses prédécesseurs (Du commerce des neutres, part, f, g 4). Sur le droit de nécessité, voir : Uautefeuille, Lihr. citât., t. Il, p. 28 et suiv.; Histoire des origines, des progrès et des variations du Dr. marit. internat., 1858 p. 47 et suiv.; Yattei,, Le Droit des Gens, édit. Guillaumin, 1863, t. II, p. 103 et suiv., p. 150; Klijcer, Dr. des gens mod. de l'Europe, % 44, édit. cit., p. Ci. P. P. F.

(•) Cela n'a lieu que dans une grande et suffisamment pressante nécessité. Voir Ulpien, l. si alius, jJ 4, Digest., Quod vi aut dàm(a),où il y a un exemple de maisons détruites pour arrêter les progrès d'un incendie. Grotius.

(a) Di;;., lib. XI-III, tit. XXIV, 1. 7. § 3, h.

cette décision n'est pas celle que quelques-uns allèguent, que le propriétaire de la chose esttemi par la loi de charité, de la donner à celui <jui nian(jue du nécessaire (SoTO, lib. V, Quœsl. 111, art. 4); mais c'est parce (|ue les biens ne paraissent avoir été distribués à des proi)riétaires, que sous la réserve iavorable d'un retour au droit primitif. Si, en eflet, les premiers distributeurs avaient été interrogés sur ce qu'ils pensaient à cet égard, ils auraient répondu ce ([ue nous disons. « La nécessité, dit Sénèque le père, qui est la grande justilication de la faiblesse humaine, anéantit toute l<n(*), » — toute loi humaine, bien entendu, ou laite à la manièie des lois hu-. maines. — « Gassius, dit Gicéron [PhUippic. XI), partit

(*) « Tout ce qu'elle a exigé, elle en iircnd la défense » (lib. IV, Cou- Irov. xxvii).Lc même Scnèciue éclaircit ceUc maxime par des exemples {Excerpl. conlrov. lib. VI). « C'est, dit-il, la nécessité ([ui commande d'alléger le navire en jetant les marchandises à la mer;- c'est la nécessité qui éloulTe l'incendie sous des ruines; la loi du temps est une nécessité. Suivant Théodore Priscien, ancien médecin, « il jieut être souvent utile aux femmes qui vont être mères, et ([ui sont en danger de mort, d'acheter leur salut en sacrifiant leur enfant; de même le fait de couper les jeunes rameaux peut cire salutaire aux arbres, et lorscjuc les navires surchargés de marchandises sont ballottés par une grande tempête, il n'y a de remède que dans le sacrifice de la cargaison. » Les |)remières paroles de ce passage regardent l'usage d'im instnmient appelé 'E[i.6puo- 6Xacr,ç, dont on trouve la description dans Gallicn et dans<Celsus; mot qu'il faut par conséquent rétablir dans un jiassage de Tcrlullien, de Anima (a). Gnoiius.

(a) Barbeyrac ajoute que le passade de TcrtuUicti se trouve au ciiapitre xxv de ce Uailé de anima : « Est eliùm œneiim xpeciilum, quo jugulalio ipsa dirigitur,cœco lalrocinio, £[J.6puo7râ/.Tr|V adpcilanl,de infunlicidii officia, uliqiie viventis in/anlis peremploriinu. • I.a coriLClinn cpic Cirotius propose ici, se trouvait déjà dans lu Irhor de la langue grecque, t. I, p. 796, où Henri Etienne dit niônie que |)lusictirs avai<'ril di'jîi iciiianpK- que ce passage doit être ainsi lu. On peut considlcr an sujet de ce passajjc de saint Augustin, et des questions qui s'y rattachent, aux points de \nr scienlilliiue, iiistorique et moral, l'intéressante dissertation de M. Ui illuud-huiijardièie, sur VAvorltmenl provoqué, considéré au point de vue médical, Ihéologique el médicolégal, edil. Aug. Durand, 186-2. ''•.''• ^-

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