‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 216 sur 294 · LIVRE II, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II, CHAPITRE II

Car l'envie n'a jamais envahi l'univers entier, ni aucune de SCS grandes parties. » Voici un autre passage de Plu-i larquc, ([ui parle ainsi au sujet de la mer : « Cet élément a rendu sociable et traitable notre existence, qui sans, cela eût été t'arouclic et sans commerce, en suppléant par une assistance mutuelle ce qui manquait, et en Taisant naître, par l'échange des biens, la société et l'amitié.» A celle pensée se ra})porte la proposition suivante de Libanius : « Uicu n'a pas accordé toutes choses à toutes les parties de la lerre, mais il a distribué ses dons à ditlércnls pays, alin <[uc les hommes ayant besoin les uns des aulres, entrctiusscnl société ensemble. Aussi a-t-il suscité le négoce comme un moyen l'acile à tout le monde de jouir en commun de toutes choses, en qucl([ue endroit de la terre qu'elles naissent. » Euripide faisant parler Thésée dans les Suppliantes, lui lait compter la

vi's, est la source des pluies, elle détourne les inondations, elle porte les convois de marchandises, et c'est par elle que sont reliés entre eux les peuples éloignés les uns des autres n (De creatione). Cette pensée est prise de ijasile {Uexai'mer., lY). Tliéodoret [de Providenl., lib. II) a dit élégamment de la mer, ([ue c"csl le « marché du monde, » et que les iles sont « dis stations dans la mer.» J'ajouterai les paroles suivantes de Chrysostome [ad Steleclihim) : « Comment pourra-t-on exprimer assez la grande facilité que nous avons de commercer ensemble? Afin que la longueur du chemin ne fut pas un obstacle à ces relations, Dieu a mis à nolie disposition une Mutc plus courte, c'est-à-dire la mer, qui est voisine de tout pays. Ainsi le monde n'étant que comme une seule maison, nous pouvons nous visiter souvent les uns les autres, et chacun de nous communi(|uanl à son semblable les produits de son sol, il est facile de . se pourvoir des choses qui sont abondantes chez les autres. De sorte que chacun habitant dans un petit coin de la terre, jouit des biens qui naissent partout, de même que s'il était maître de tout. El comme si l'on était tous à une même table de convives, on n'a qu'à étendre la main pour donner de ce que l'on a devant soi à ceux qui sont à un autre bout de la table, cl recevoir d'eux à son tour de ce qu'ils ont devant eux. »

Grotius.

Mais su cilaiiuii esl in<!xacto, et nmis n'avons point trouvé le passage dan« le livre (lu pliilosoplie. V . V. V.

LE bROlT DE LA GUERRE ET DE L.V l'AIX.

navigation parmi les choses que la raison humaine a inventées pour le bien coinniuu. Voici ses termes: « Chaque contrée supplée à ce ([ue lui refuse son climat, par les expéditions maritijncs de ses vaisseaux. » On trouve dans Florus : « Supi)rime/, le commerce, vous rompez l'alliance du genre humain» (lih. 111).

XIV. — 1. Mais on demande si lors(|ue les marchandises passent sur le tcrritoiir, ou sur un lleuve, ou sur la portion de la mer (pii iteul èlre considérée comme une dépendance du rivage;, i^Ues pcuviinl èlre IVaiJpées d'impôts par celui (pii exerce la juridiclioM sur la conirée? 11 est certain que toutes les charges qui n'ont aucmi ra{> port avec ces marchandises, no peuvent équilahlement être imposées sur ces dernières. C'est ainsi (pie la contribution ])ersonnelle, inq)osée aux citoyens pour subvenir aux dépenses de l'État, ne' ])ent être exigée des étrangers en passage.

2. Mais s'il y a des charges ;i subir p(jur procurer aux marchandises la sûreté du passage, ou pour toute autre chose qui les concerne, on peut im|)oser sur elles ((uelque droit pour y subvenir; pourvu (pie ce droit soit proportionné au sujet pour lc(iuel on l'impose. C'est de là, en effet, que dépend la justice de l'impôt connue du tribut (*). Ainsi le roi Salomon reçut-il un droit pour le passage des chevaux et de la toile ([ui traversaient l'isthme de Syrie (I lîcg. x, 29). Pline disait de l'encens : «Il ne peut être transporté ([ue par les terres des Guébanites; aussi paie-t-on un droit au roi de ces peujjles « (**) (lib. XII, • cap. 14). C'est ainsi (jue les MarseiUais s'enrichirent au moyen du canal (jue Marins avait conduit du Rhône à la

(•) Voyez la loi lombarde, lit). Il, til. XXXI, cap. xxxm, cl la leUre (les cvéqucs au roi Louis, ijui se trouve |ianni les (-a|iitulaires de Charles le Chauve, ch. xiv. Gkotius.

[**) Il y a fiiirlqiie cliose de scmblaliie dans l./>nn d'Afrifiuc, vers le cuinmenceiiicnt. CiioTius.

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