LIVRE II, CHAPITRE II
mer, « en exigeant un droit de ceux qui remontaient avec leurs bateaux ou qui descendaient le canal (*), » ainsi que le raconte Strabon, au livre IV de son ouvrage. Le même auteur nous enseigne, dans le livre VIII, que les Corinthiens, depuis les temps les plus anciens, percevaient un impôt sur les marchandises (|ue, pour éviter le détour du caj) de Malée, on transportait parterre d'une mer à l'autn;. C'est ainsi que les Romains recevaient un prix pour le passage du Pdiin (Tacite, ///si., lib. IV) '. « Mènn; sur les pouls on paie un droit de péage, » dit Sénè(|u(!. Quant aux questions relatives aux impôts pour le i)assage des lleuves, les livres des jurisconsultes en sont pleins (GiiurriN., de Doman.^ lib. 1, tit. IX; Peregrin, 1. I, de jure fisci, c. i, n. 22 ; Anuel. consil.^ 199; Zabar., consil. .38; FiRiM., in Tract, de gabelL).
'.]. Mais il arrive rréf|uemment ([ue la limite équitable n'est pas observée. Strabon accuse de cet abus les Pliylar(pies des Arabes, et il ajoute : « Qu'il est, en effet, dillicile, qu'entre gens ayant la lorceà la main, et violents.
(*) Arisloplmnc fait allusion à ces sorles d'impositions dans sa comédit' dex Oiseaux, lorsqu'il veut (|iie l'on Icrme le passage de l'air, alin que les dieux soient obligés de payer quelque impôt pour la fumée de lu yiaisse des victimes. Grotius.
' Voici les passages de Tacite auxquels il est fait allusion : « Les Teuctères, nation séparée de la colonie par le Rliin, envoyèrent des députés au conseil public des Ai:riip|tiniens, avec des instructions que le
plus violent d'entre eux exposa » {Ilist., lib. IV, cap. LXiv). «La
crainte de l'avenir ne permettait pas aux Agrippiniens d'accepter ces conditions, ni leur fortune présente de les repousser ouvertement. Après avoir pris le temps de se consulter, ils répondirent ainsi : « La première occasion d'aiïrancbisscmcnt qui s'est présentée, nous l'avons saisie avec plus d'ardeur que de prudence, afin de nous réunir à vous et aux autres
GiTNiains nos frères Nous supprimons les taxes et les charges qui
pèsent sur le commerce. La circulation sera libre, mais on passera de jour et sans armes, jusqu'à re (jue ces droits nouveaux et inusités aient acquis la sanction du temps et de l'iiabitude » (Ibid.. cap. i.xv, Irailuction deL. liurnouf, édit. Ilaclietlc, 1803,p.589,590,591) l». P. F.
une proportion puisse être tracée (jui no soit |)as onéreuse pour le commerçant» (lib. XVI).
XY. — 1. On doit aussi permettre à ceux (|ui transportent leurs marchandises, ou qui passent, de séjourner quelque temps soit pour leur santé, soit pour quelque autre juste sujet; car ce séjour est compris au nombre des usages innocents (Victorlv, de Indis, relcct. ii, n. 1). C'est pourquoi Ilionéc (*), dans Virgile, voyant qu'on ne voulait pas permettre aux Troyens de s'arrêter sur la terre d'AlViciuc, ose-l-il en appeler à la justice des dieux; et les Grecs trouvèrent-ils fondée la plainte des Mégariens contre les Atliéniens, (|ui les repoussaient de leurs ports, «contrairement au droit coninnm, » suivant l'expression de Plularque (lie de Pnidès). Aussi aucune autre cause de guerre ne parut-elle ]ilus juste aux Lacédémoniens (Diodor., lib. XII; Tiiucvdid., lib. 1).
2. Il s'ensuit (fu'il est i)ermis de dresser une construction momcidanée sur le rivage, par exemple, (piand même nous accorderions (pie ce rivage serait o(;cupé par un peuple; car ce (pie dit Pomponius, (ju'un (U-cret du préteur est nécessaire pour être admis à construire sur le rivage public ou sur la mer, n'est relatif (pi'aux établissements permaneids, aux(|uels fait allusion ce vers du poëte : « Les poissons sentent la mer retrécie j^ar les grandes masses de pierres jetées dans ses profondeurs. »
XVI. — Et même on ne doit |)as refuser une demeure fixe à des étrangers (jui, chassés de leur patrie, cherchent une retraite, pourvu ([u'ils se soumetleiU au gouvernement établi, et ipi'ils observent toutes les i)rescriplions nécessaires pour j)révenir les séditions. Le divin poëte a
{*) Servius dit sur ce |iassii};c, i|uc « la possissioii «In livaf^c est à celui qui roccupe; île suite que c'est se uioutrer cruel (pic »rfiii|,éflier les autres de jouir de choses qui sont couiniunes. » Servius rac.oiilc, dans le même endroit, que « Laomcdon lui tué par Hercule, parce qu'il l'avait repoussé du port de Troie. » liROTius.