‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 220 sur 294 · LIVRE II, (Chapitre ii · texte numérisé non relu

LIVRE II, (Chapitre ii

blablc, on ne peut expulser les étrangers une fois qu'on les a admis; mais Ambroise nous enseigne dans le passage déjà cité, qu'une catastrophe commune doit être su])portéc en conmmn.

XX. Quant à la vente de ses propres marchandises, le droit n'est pas égal; car chacun est libre de décider ce (ju'il veut acciuérir ou non (Molina, Disp. GV; .^gid. Rcg., de ad. Siipcrnat.,Disp.XXXl, Dub. ii, n. 52). C'est ainsi ({u'autrelois les Belges ne recevaient point le vin et les autres marchandises exotiques (Cesaii, de Dell. GalL, lib. 11). Et SIrabondit des Arabes Nabatéens (lib. XVI), que «cbe/ eux il était permis d'importer certaines marchandises, et (pj'il n'en était pas de même pour certaines autres (*).»

XXI. — I. Nous pensons aussi qu'il faut conq^rendre dans ce droit dont nous venons de parler, la liberté de solliciter et de contracter des mariages chez les nations voisines : dans le cas, par exemple, où un grand nombre d'hommes chassés d'un pays se retireraient dans un autre; car encore que de vivre sans femme, ce soit une chose (pii ne répugne pasabsolumcnt à la nature humaine, cela néanmoins est contraire au tempérament de la plupart des honijnes. Le célibat, en effet, ne convient qu'aux esprits supérieurs. Aussi la faculté de se procurer des femmes ne doit-elle pas être enlevée aux hommes. Romulus, dans Titc-Live, i)rie ses voisins de ne pas trouver mauvais qu'hommes aussi, ses compagnons mêlent avec eux leur sang et leur race (Tite-Live, lib. I). Camdéius, dans le même historien, s'écrie : « Nous réclamons le mariage, ce droit qu'on accorde ordinairementaux peuples limitrophes et aux étrangers » (lib. IV). « Le vainqueur, dit Augustin, s'attribuerait légitimement par le droit de la guerre, des unions qui lui auraient été

D Voyez Krantzius, Saxonie., lib. XI.

injustement refusées >> {De Civit. Dci, lib. IJ, cap. xvii).

2. Quant aux lois civiles de quelques peuples, qui refusent les mariages aux étrangers, ou bien elles se fondent sur ce que, dans le temps où elles ont été faites, il n'y avait aucun peuple (jui fût dépourvu de femmes; ou bien ne traitant jias de touUîS- sortes de mariages, elles ne sont relatives (|u'au\ unions cpii sont légitimes, c'està-dire (jui produisent certains elVets do droit civil '.

XXII. — Le droit commun ;wr.su/*/)cisi/fO}/,concei'ne les actes (pi'une nation iicrmol indilVéremmcnt aux clrangcrs. Car alors, si un pcn|)lc en est exclu, il lui est fait injure (Victuiua, dUl. rclrcl. ii, n. '2, 15). C'est pounjuoi si, dans un pays, il est permis aux étrangers de chasser, de pécher, de prendre des oiseaux, d'extraire des perles, de recueillir par testament, de vendre, de contracter des mariages, même sans <|u'il y ait disette de femmes, il n'est pas possible de refuser ces droits à un jjeupleseul; à moins qu'il ne se soit précédemment rendu coupable de quelque faute : c'est pour ce motif rjue les autres Hébreux retirèrent le droit de mariage aux membres de la tribu de Benjamin (Jud., cap. xx).

XXllI. Mais ce (jue iious venons de dire des choses permises, doit s'entendre de celles «pii l'ont été comme en vertu de la liberté naturelle, (pi'aucune loi n'aurait encore supprimée ; et non de celles (pji n'ont été permises

' C'est ainsi ([u'en principe nn citoyen romain n'avait pas le connubium — c'est-à-dire la capacité relative de se marier — avec une pérégrine, ni même avec une latine(ULr. Fragm., v, ^ 'i;(1aïus, Comment. I, ji 56, 57). Cependant le mariage ([u'un cilojcn romain aurait contracté avec une étrangère, sans avoir obtenu le connubium par une concession de l'empereur, n'était |ias absolument nul. Il était seulement destitué des cITels qui dérivaient du pur droit civil (voir 1)emam;e.\t, Cours élémentaire de Droit romain, I8G4, t. I, p. 255 et lc> textes qu'il cite). Du temps de Juslinien encore;, il ne pouvait pas y avoir <lc mariage valable entre deux personnes dont l'une était romaine ou jnoiinrinlis, et l'autre barbare (lib. cit.. p. 207). P. I'. F.

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