‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 229 sur 294 · LIVRE II, CU^yiIRE · texte numérisé non relu

LIVRE II, CU^yiIRE

exiguë qu'elle soit, et bien qu'enclavée par des rivages dans sa plus grande partie, ne pourra devenir la propriété d'aucun peuple.

XL — 11 faut remarquer cependant que dans les lieux où ce droit des gens relatif à la nier n'aurait pas été reçu, ou aurait été abrogé, on ne pourrait point inférer ([ue la iner aurait été acquise par occupation, de cela seul qu'un peuple aurait occupé les terres; et qu'un fait intellectuel ne suffit pas, mais qu'il est besoin d'un acte extérieur, d'où l'occupation puisse clairement ressortir. 11 faut remarquer ensuite ([ue si la possession née de l'occupation vient à être abandonnée, la mer retourne à son ancienne nature, c'est-à-dire à l'usage commun. Telle est la décision de Papinicn, à propos du rivage sur lequel on aurait bàli, et de la pêche dans un bras de rivière [l. prœscriplio ; Duj. de usurp.).

XII. — Ce qu'il y a de certain, c'est que celui qui se serait emparé de la mer par occupation, ne pourrait point empêcher une navigation pacilique et innocente, puis(iu'un tel passage ne peut être interdit, même par terre, quoiqu'il soit ordinairement moins nécessaire et plus dangereux.

XIII. — 1. Mais il a été plus facile de s'emparer par occupation de la seule juridiction (*) sur une partie de la

{*) IMiilon dit des rois : « Ils ont njoutc aux terres les mers dont le nombre est infini et l'étendue immense. Lycophron parle « des sceptres de la terre et de la mer et des richesses des États. » « Tclhys, dit Virgile, te recevait pour gendre au prix de ses ondes. » Julius Firmicus parle de ceux « qui sont maîtres de la mer et de la terre. » iNonnus dit que « Béroc tenait la mer sous sa puissance. » « Les bornes du royaume de Suède sont au milieu du détroit d'Oresund, » suivant Jean Magnus [Histoire des archevôqucs d'Upsal, Ci\[) xv). Quinle-Curce dit de la ville de Tyr « qu'elle fut longtemps maîtresse, non-seulement de la mer qui lui était voisine, mais de toutes celles où ses flottes avaient pénétré. » De là vient le proverbe; mers lyriennes, cité par l'eslus. Isocratc dit des Lacédémoniens et des Athéniens : « Il arriva ainsi que l'une et

mer, sans aucun droit de propriété (Bossius, TU. de aquis^ n. 36, allcgans B.vld., CoEroLL., et autres; voir /. imi^., Cod. de classicis, lib. XI) ; et je ne pense pas que le droit

l'autre cité aciinit les contrées adjacentes aux mers possédées [larcllc, cl fut maîtresse de nombreuses villes ([ui recevaient leurs lois. » Déniostliènes dit des Laccdémoniens {l'Itilippic III), « qu'ils commandaient à toute la mer et à toutes les terres. » L'auteur de la vie de Timolliéc (a) dit « ([u'après cela, les Lacédémoniens se désistèrent de leurs anciennes prétentions, et cédèrent volontairement aux Athéniens l'empire de la mer. » L'auteur de la liaranj^ue sur l'ile de Halonèse, (jui se trouve parmi les œuvres de Démosthcnes, dit en parlant de Philippe de Macédoine: « Il ne cherche pas autre chose ([ue d'ëlre mis par nous en possession de la mer, et de nous Faire reconnaitrc que nous ne pouvons sans lui conserver la iiolice de la mer. » 1^'cmperenr .Iulicn, parlant d'Alexandre, dit qu'il méditait la guerre dans l'intention k de devenir le maître de la terre et de toute la mer. » Un de ses successeurs, Antiochus Ëpijdianes, d'après le fils de Gorion, se demande « si la terre et la mer ne lui appartiennent lias? » Théocritc dit de Ptolémée, un autre successeur d'.Vlexandre : « Il règne au luin sur les terres, et au loin sur les mers; » il dit aussi : « Toute la terre, la mer, les fleuves (jui grondent, sont courbés sous le roi Ptolémée. » Il est temi)s d'eu venir aux Romains. Annibal parle ainsi au premier Scipion, <lans Tite-Live : « Renfermés dans les rivages de r.\fri(iue, les Carllinginois, puisque telle est la volonté des dieux, consentent à ce que vous commandiez au dehors, sur terre et sur mer. » Claudien dit du second Scipion : « Lorsque, vengeur, il soumettait, par ses mains dévouées à la patrie, l'Océan espagnol à nos lois. » Aussi les auteurs romains, comme Salluste, Florus, Mêla et autres, ajipellent-ils dans maint endroit la mer intérieure : « notre mer. » Mais Denysd'IIalycarnnssc dit bien plus: « Le peuple romain commande à toutes les mers, non-seulement à celles qui sont eu deçà des cobuncs d'Hercule, mais encore à l'Océan, aussi loin qu'on |ieul y naviguer. » Dion ('assius dit des mêmes Romains : « Il régnent sur prcs(iuc toute la terre et tuulus les terres, n Appien, décrivant dans sa préface l'étendue de l'empire romain, place sous sa domination le Pont-Kuxin, la l'ropontidc, rilellespont, la mer Egée, la mer de Pamphilie et la mer d'Egypte. On donna à Pompée le pouvoir de coauiiandcr sur toute la mer qui est en deçà des colonnes d'Hercule, ainsi (pie le rapiiorlent Plutar(iue et Appien. u C'est depuis lors, dit Philon {in ilaccum] que la famille des Césars acquit l'empire de la terre et de la mer. » Ovide dit d'Auguste : « la mer aussi lui sera soumise. » Une inscription en l'hoimeur d'Auguste porte

(n) Cornélius Népo3. !',.;

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