LIVRE II, GIlAriTRE V
ceste qui, selon le jurisconsulte Paul, se commet contre le droit des gens (*) entre les lignes des ascendants et des descendants (/. uU.,Deril. )a«/'i.) '. C'est là cette loi qui, suivant Xénoplion, n'en est pas moins une loi, quoique les Perses la violassent (**) . Car, ainsi que le remarque Michel d'Éphèsc [Ad Nicomack.)'^, c'est "avec raison que l'on ({ualilie de naii/r^/u ce qui se pratique chez la plupart " des peuples non corrompus, et qui vivent selon les lois de la nature. » Hippodamus le Pylagoricicn ^appelle ces unions « des passions immodérées et contraires à la nature, des cini)orlements elfrénés, des plaisirs abominables. » Lucain parle ainsi des Parthes : « Dans l'ivresse des festins et du vin, leurs rois n'ont horreur d'aucunes unions défendues par les lois » . Et il ajoute bientôt après : « De (juel crime ne pas croire capable celui qui se croit Pierinis de féconder sa mère? » Dion de Pruse (Orat. XX) attribue judicieusement et particulièrement cette coutume des Perses à une éducation vicieuse.
\. Il faut s'étonner ici de la fausse opinion de Socrate
(*) C'est ainsi (jue s'cx|irime aussi Papinien dans la loi : Si adulterium..., g 2, Digcst. Ad. Lei/em Juliam de AduUeriis (a). Grotius.
' Dig. lib. XXIll, lit. Il, De rita nuptiarum, 1. LXVIII.
(**; Pliilon retnaniue que Dieu punit leur crime par les guerres perpétuelles qu'il y eut parmi eux, et par les meurtres de frères s'égorgeant entre eux. Aux Perses, Jérôme ajoute les Médes, les Indiens, les Élhiopiens (Lib. Il, Conlr. Jovinian.). Dans l'Andromaciue d'Euripide, Hermionc parle de cette coutume, comme généralement établie cbez les Barbares. « Telle est toute la race des Barbares. La mère s'unit au fils, le père à la fille, le frère à la sœur; teintes du sang de leurs procbcs, des '^ mains qui ne devaient passe réunir s'unissent : il n'y a pas de loi qui
interdise ces crimes. ■> Grotius.
'•^ Michel d'Ephcse, inlerprète d'Aristole. Il s'agit, dans ce renvoi, du traité de la Morale du philosophe de Stagyre. P. P. F.
2 Barbeyrac remarque que Grotius a confondu deux philosophes de la même secte, et au nom d'Ilippodamus il substitue celui d'IIipparque.
!a) nig., \\h. Xl.VllI, tit V, 1. .18, § 2. 1'. P. K.