‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 265 sur 294 · LIVRE II, OUAPITRE V · texte numérisé non relu

LIVRE II, OUAPITRE V

aïeuls ej aïeules, ou môiiie qu'ils y habitent avec leurs tantes ; mais qu'ils ont un accès moins fréquent dans la demeure de leurs frères, et (ju'ils n'y ont point autant de droits. Si nous acceptons cette explication, qui est certainement conforme à la raison, nous avouerons que la loi qui interdit les mariages entre personnes alliées en ligne directe, et avec des sœurs, est devenue, depuis la multiplication du genre humain, une loi perpétuelle et comnmne à tous les hommes, connue étant fondée sur l'honnêteté naturelle; en sorte que tout ce (jui se fait contre celte loi est nul, à cause du vice permanent qui s'y trouve attaché ; mais f[u'il n'en, est pas de même des autres lois', (jui contiennent plutôt des mesures de précaution à prendre, qui peuvent avoir lieu de bien d'aumanières.

2. En vcrtudes plus anciens canons, dits apostoliques, celui qui aurait épousé deux sœurs, l'une après l'autre, ou une nièce {Càii. xvni), c'est-à-dire une tille du frère ou de la sœur, n'est (ju'exclu de la cléricature. Et il n'est pas difficile de répondre à ce (jue nous avons dit touchant le péché imputé aux Cananéens et aux peuples voisins'. Car les termes généraux de l'Écriture peuvent être restreints aux principaux chefs de ce chapitre : au commerce, par exemple, des mâles entre eux, des hommes avec les bêtes, avec leurs père et mère, avec leurs sœurs, avec la femme d'autrui : unions dont on a voulu se pré-

' C'csln-tlirc ([u'il n'en est pas de même des lois concernant les autres degrés, puisqu'elles sont iilulôt faites pour prévenir certains inconvénients, que pour détourner les hommes d'une chose deshonnête en elle-même. Ajoutez qu'il y a d'autres moyens de remédier à ces inconvénients. P. P. F.

2 Voici la iiuraphrase de liarheyrac : « On dira sans doute que les mariages dans les degrés collatéraux, font partie des jiéchés jiour lesquels Dieu déclara qu'il voulait punir les Cananéens, et les autres peuples voisins. Mais il n'est pas difficile de répondre à cette objection... »

server, et, suivant l'expression des Hébreux ', contre lesquelles on s'est harvicadè en ajoutant les autres lois'. Ce qui prouve, en effet, qu'on ne doit pas appliquer ces termes généraux à c]ia(|uc espèce des choses que contient le chapitre du Lévitiquc^, c'est la défense d'éponser en même temps les deux sœurs ; puisque la piété de Jacob qui y a contrevenu, \w ])ernief pas dc^croire que ce t'ùt une défense faite autrefois d'une manière générale à tout le genre humain. On peut ajouter à cet exemple celui d'Amram, (jui fut le jx^re (h* Moïse. Ce personnage, en effet, avant répo(pic de la Loi, épousa sa tante paternelle, comme chez les Grecs {*) Dioinède et Ipliidamas épousèrentleurs tantes materncdies (VA\^iyx\\.,adlUad. xn), et Alcinous, Arété,la lilledeson frère (7^/., orf Odyss. ,Yn), .1. Les anciens chn-ticns ont loulcfois agi sagement, eu

' Toujours les Hiil)liiiis I'. P. F.

'■^ « Ons'csl barricadé.'... «(j'csl saiisduuii; une léméiilc de traduction, que le lion {,'oûl ii'avouira |ieul-ctre pas. Vi'ifi le texte de Grolius : « Potest enim Iccnlio universalis rcstriiKji ad prœcipua rjus capilis, ut de cuncubinalu cum inascvlis,critnbrstih'!, atni parenlibus, cum sororibus, cum mipliis alicnis, in (junrum 7rcoï>u)iO(X"^,v, cl iil llebrœi loqnunlur, pramnnimenlum, addilx sunt lecjex c,rUra\.. » liarbeyrac Ira-" duitaiusi:« Caries termes del'Écrilure, nuo'uiue j^cnéraux, peuvent élre restreints aux ciioscs les plus considérables, dont il est parle dans ce chapitre, comme à la sodomie, à la bestialité, au commerce d'un (ils avec sa mère, ou d'une (ille avec son père, ou d'un frère avec sa sœur, ou d'un homme avec une femme mariée à un autre : conjonctions dont la turpitude est telle en comparaison des autres, ipie c'est pour mettre, comme parlent les rabbins, une barrière aux autres, (in'ont été faites les lois touchant 1rs dernières » Mais la variante suivante sera choisie de préférence : « unions dont on a voulu se préserver,. . . et contre lesciuellcs on s'est prémuni, en ajoutant les autres lois... » P. P. F.

^ L'extrême concision du texte de Grolius : « .Vài/i de singulis partibus ne inlelligatur , argumenio essepolc^t inlerdictnm de nonhabendis eodem lempore in mnlrimonio sororibus duabus,... n a rendu nécessaire le recours à une jiériplirase. P. P. F.

(') Nous apprenons par la Iragédie d'iîlcclre, d'Euriiiide, qu'Electre avait ct(^ fiancée à C-astor, son oncle malernol. (inonus.

Page 1