‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 33 sur 294 · LXVIII ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE · texte numérisé non relu

LXVIII ESSAI BIOGRAPHIQUE ET HISTORIQUE

les propositions les plus évidentes. Mais il faut se rappeler que, ni la disposition du siècle dans lequel vivait Grotius, ni la nécessité réelle d'illustrer chaque partie de ses recherches par les usages antérieurs des hommes, ne lui permettaient de traiter de la philosophie morale comme des théorèmes abstraits de la géométrie. Si son érudition l'a quelquefois embarrassé ou égaré..., il n'en est pas moins vrai qu'une ignorance dédaigneuse de ce qui, a été fait ou enseigné, ignorance qui caractérisait l'école de Condillac comme celle de Paley, ])répare assez mal le philosophe à la recherche des principes qui doivent régir la nature humaine '. »

« Le système de la jurisprudence romaine, ajoutait Stewart, paraît avoir singulièrement préoccupé Grotius dans toutes les questions qui se rattachent à la théorie de la- législation, et avoir distrait son attention de cette idée philosophique du droit, si bien exprimée par Gicéron : non à prœtoris edicto, nequeà duodcciin tabulis, sed pcnitùs ex intima philosophid hauriendam juris disciplinam. Il n'a pas, il est vrai, poussé cette idolâtrie du droit romain aussi loin que quelques-uns de ses commentateurs, qui ont été jusqu'à affirmer que ce n'est qu'un autre nom pour la loi dénature; mais personne, je crois, ne contestera aujourd'hui que sa partialité pour les études qui se rattachaient à sa profession, lui a souvent fait méconnaître la différence qui existe entre l'état de la société dans l'Europe ancienne et dans l'Europe moderne. »

Hallain répond à ce reproche, que les questions qui se rattachent à la théorie de la législation, et que Grotius a discutées, sont principalement celles relatives à l'acqui-

• Hallam, UbT.ciiaL, l. 111, p. 318, .ll'J.

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