‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 64 sur 294 · LIVRE I, CHAPITRE I. 9,S · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE I. 9,S

c'est le peuple hébreu, auquel Moïse s'adresse en ces termes (Deutér. iv, 7) : « Y a-t-il une nation si puissante, qui ait eu des dieux aussi favorables que ne l'est le Seigneur notre Dieu à tous les vœux que nous élevons vers lui? Y a-t-il une nation si puissante, qui ait des institutions et des lois équitables comme l'est dans son entier cette loi que je promulgue aujourd'hui devant vous? » « Dieu, dit le Psalmiste (Ps. gxlvii), fait connaître sa parole à Jacob, ses institutions et ses lois à Israël. Il n'a agi de la sorte en faveur d'aucune autre nation; aussi n'ontelles pas connu ces lois. »

2. Il ne faut pas douter de l'erreur où se trouvent ceux d'entre les Juifs (parmi lesquels Ti7phon dans sa dispute avec Justin) , qui pensent que même les étrangers, s'ils voulaient être sauvés, devaient subir le joug de la loi hébraïque. Une loi ne peut, en effet, obliger ceux auxquels elle n'a pas été donnée. Or cette loi exprime elle-même à qui elle a été donnée, en disant (*) : «Écoute Israël ; » et partout il y est déclaré que c'est avec les Hébreux que l'alliance a été contractée, que Dieu les a choisis pour être son peuple à lui. La vérité de ce point est reconnue par le fils de Maimon, qui le prouve d'après un passage du Deutéronome (xxxiii, 4).

3. Bien plus, il a toujours vécu parmi les Hébreux certains hommes d'origine étrangère, « pieux et craignant Dieu, » tels que la Syrophénicienne (Math, xv, 22) et ce Corneille (Act. x, 2) » « qui était au rang des Grecs religieux, » ou, selon l'Hébreu, au rang de ceux qu'on appelait « les vertueux des nations, » comme on lit au titre du Roi, dans le Thalmud (**). Ce sont eux qui sont appelés dans la Loi « fils de l'étranger » (Lévit. xxii.

(*) Telle est l'opinion de Moïse, fils de Maimon, et il la prouve par le Deutérononne, XXXIII, 4. Grotius.

(") Et titre de Synedrio, chap. xi. Grotius.

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25), «étrangers incirconcis » (Lévit. xxv, 47), et suivant le paraphraste chaldéen, « un liabitant incirconcis (*). » Ils étaient tenus, comme le rapportent les docteurs hébreux eux-mêmes, d'observer les lois données à Adam et à Noé; ils devaient s'abstenir des idoles, du sang, et d'autres choses que nous rappellerons plus loin en leur lieu. Mais leur devoir n'était pas le même, quant aux lois particulières aux Israélites. Aussi, tandis qu'il était interdit aux Hébreux de se nourrir de la chair d'une bête morte de mort naturelle, cela était cependant licite pour les étrangers qui vivaient au milieu d'eux (Dcutér. xiv, 21). Il n'y avait d'exceptions que pour les cas où certaines lois avaient spécialement disposé, ([uc les habitants étrangers les observeraient non moins ([ue les indigènes,

(*) li s'agit aussi de ces individus dans l'Exode (XII, 45). Un tel étranger est distingué des prosélytes, c'est-à-dire des étrangers qui s'étaient fait circoncire, comme l'indique le passage des Nombres (IX, 14). Le fils de Maimon parle beaucoup de ces pieux incirconcis dans le livre sur l'Idolâtrie, cli. x, g G. Il pose en fait ailleurs [Comment, ad Jfwnojo(/i), queces personnes pieuses, quoique païennes, auront part aux biens du siècle à venir. Chrysoslôme dit à propos du cliap. II de l'Épitre aux Uomains : a De quel Juif et de quels Grcs croyez-vous qu'il s'agit ici ? De ceux qui vivaient avant la venue du Christ, car le discours de l'apôtre n'est pas encore arrivé aux temps de la grâce. » « Les Grecs, ajoute-t-il, dont parle l'apôtre, ne sont pas des idolâtres, mais des gens qui craignaient Dieu, des gens qui suivaient la raison naturelle, et qui à cela près qu'ils n'observaient pas les cérémonies judaïques, pratiquaient tout ce que demande la piétié. » Il en donne pour exemple Melchisédech, Job, les Ninivites etCorneille.il répète encore plus basque, par le Grec, il faut.entendre non pas un idolâtre, mais un homme pieux, vertueux, et qui seulement n'est pas soumis au joug des cérémonies de la loi. Il suit les mêmes idées un expliquant ce mot : « Envers ceux qui sont sans loi, j'ai agi comme si j'étais moi-même sans loi. » Dans sa xir* harangue f*es Statues : « L'apôtre, dit-il, n'entend point ici par le mot de grec, un idolâtre, mais un homme qui adore un seul Dieu, sans être néanmoins astreint à observer les rites judaïques, comme le sabbat, la circoncision, les diverses sortes de purifications; et (jui d'ailleurs, dans toute sa conduite, .se montreatlaché à l'étude de la sagesse et de la piété. » Grotius.

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