SI LA GUERRE PEUT ETRE QUELQUEFOIS JUSTE
I. On prouve par plusieurs raisons (pic le droit de nature n'est pas contraire a la guerre. — II. Par l'histoire. — III. Par le consentement. — lY. On prouve (pic le droit des yens ne s'oppose pas à la guerre. — V. On démontre que le droit divin volontaire, avant rcpoque de l'Évangile, ne répugne pas à la guerre, cl on résout les objections faites à ce sujet. — VI. Remarques préliminaires pour servir à décider la question si la guerre est contraire à la loi de l'Évangile. — VU. Raisons pour la négative, tirées des lettres sacrées. — VIII. Solution des arguments puisés dans les lettres sacrées pour raffirmative. — IX. Examen du sentiment des anciens chrétiens sur ce sujet. — Les adversaires de la guerre sont de simples particuliers qui l'attaquent en forme de conseil, plutôt qu'ils n'ont fait un précepte de leur manière de voir. Leur opinion est repoussée. — X. L'opinion contraire est confirmée par l'autorité publique de l'Église, le consentement général et l'usage des temps.
Après avoir vu quelles sont les sources du droit, venons à la première et la plus générale question : celle de savoir s'il est quelque guerre qui soit juste, ou s'il 1 est quelquefois permis de l'aire la guerre *.
' Grotius, dans ce chapitre, recherchera s'il est quelque guerre «[ui soit juste. Il examinera cette question au jioint de vue du droil naturel. Suivant lui, les principes naturels primitifs sont plutôt favorables (pic contraires à la guerre, puis(iuc le but de la guerre est la conservation (k la vie, la défense du corps, l'acquisition et la protection des choses utiles à l'existence. Dira-t-on que la guerre est un état de violence 'l Mais tous les animaux sont pourvus d'armes que la nature leur a données pour résister aux attaques dont ils sont l'objet, ou pour se procurer violemment ce qui est nécessaire à leur vie. La droite raison et la nature de la société n'inler-