LIVRE I, niIAriTRK
iemciît par nos propres livres, mais encore par le témoignage (le Josèphe et des maîtres des Hébreux.
5. Pom' ce cjui concerne ce second point de vue, il faut savoir que les vertus qui sont exigées des chrétiens, sont aussi recommandées et prescrites aux Hébreux, mais non point au même degré et avec la môme étendue (*). Or, c'est à l'un et à l'autre de ces égards que le Christ oppose ses préceptes aux anciens : d'où il ressort visiblement que ses paroles ne contiennent pas une simple interprétation. Il importe que cela soit connu, nonseulement pour la matière ((ue nous avons en ce moment sous la main, mais pour beaucoup d'autres questions, alin (jue nous ne lassions pas usage de l'autorité de la loi hébraiVjue au delà de ce qui convient.
Vn. — 1 . Laissant donc de côté les arguments qui ne nous satisfont pas, le premier et le principal témoignage (|ui i)uisse nous servir à prouver que le droit de guerre n'a pas été absolument aboli par la loi du Christ, se trouve dans ce passage de Paul à Timothée (I, ii, 1, 2, 3) : «Je vous exhorte donc avant toutes choses, pour
(') Voyez là-dessus les observations faites plus haut à la Pin du chapitre premier. Voici un excellent passage de Chrysostôme (De Virginit., cap. xliv). «Autrefois Dieu n'exi{,'eait pas de nous un si haut (leRrc (le vertu. Mais il était permis de se venger de ceux dont on avait reçu quelque injure ; de rendre outrage pour outrage ; de chercher à amasser de l'urfient ; de jurer, pourvu que ce fut en bonne conscience; de crever l'œil à celui qui nous en avait crevé un ; de haïr un ennemi. Il n'était pas non plus défendu de vivre dans les délices, ni de se mettre en colère, ni de répudier sa femme pour en prendre une autre. Bien plus, la loi permettait d'avoir deux femmes en même temps. A ces égards et à tous les autres, l'indulgence était grande alors. Mais depuis la venue du Ohrist, le chemin est devenu beaucoup plus étroit. » Dans le même livre (cap. Lxxxiu), Chrysostôme dit que l'on n'exige pas -la même mesure de vei tu de la part des anciens Juifs, que des chrétiens. Le même (dans le discours: fUnimpatri xqualein, t. VI) déclare qu'il y a dans l'Évangile un plus grand nombre de préceptes, et des préceptes portés à un plus haut point de perfection. Grotius.
que l'on fasse des supplications, dos prières, des demandes, des actions de grâces pour tous les hommes : pour les rois et pour tous ceux qui sont élevés en dignité; afin que nous passions une vie tranquille et paisible avec toute sorte de piété et d'honnêteté (*). Car cela est bon et agréable devant Dieu notre sauveur, qui veut que tous les hommes soient sauvés et qu'ils arrivent à la connaissance de la vérité, » Dans ces paroles' nous apprenons trois choses : qu'il est agréable à Dieu que les rois deviennent chrétiens; que devenus chrétiens, ils restent rois. Cette pensée a été ainsi exprimée par Justin le Martyr : « Nou^ demandons à Dieu (jue les rois et que les princes aient la santé de l'âme jointe à la \)uissance royale; » et dans le livre intitulé : « Les Conslilutiuiis de Clément, » l'Église demande des « fins chrétiennes, » c'est-à-dire des magistrats chrétiens (**). Nous apprenons ensuite qu'il est agréable à Dieu que les rois chrétiens procurent aux autres chrétiens une vie Ifanciuille.
2. Mais comment la leur procurer? Paul l'exjjlique ailleurs (Rom. xni, 4) : «11 est le ministre de Dieu, pour ton bien. Que si tu tais ce (|ui est mal, trend)le. Ce Ji'est pas en vain qu'il porte le glaive, car il est le ministre de Dieu, pour exécuter sa vengeance contre celui qui a l'ait ce qui est mal '. » On entend figurément par droit
(') Sénèquc (Épisl. lxxiii) dil que c'est fausscmenl que l'on cunsidére ceux ([ui tout sincèremcnl dévoues ù la philosopiiic comme des conlempleurs des ma{;istrals et des rois. « Au coiilrairc, dil-il, il n'y a pas de sujets plus fidèles qu'eux ; et ce n'est pas sans raison, car il n'y a personne à (jui ils doivent plus (ju'à ceux i)ar lesquels ils jouissent d'un tranquille loisir. » L'épilre où l'on trouve aussi ce passage, mérite d'être lue: a Le bienfait de la paix, qui intéresse tout le muiide, touche de plus |irès encore ceux qui en font un bon usaj^e. » Giiotius.
(**) A moins que vous ne préfériez entendre par là une fin chrétienne.
Grotils.
' On a dit que la vengeance publique était l'àme et le fond de la législation pénale du xvi» siècle à 1789. Mais l'idée de vengeance publique n'a