LIVRE 1, GllAriTRE II
sonne de David, est cependant applicable au jClirist, d'une manière plus pleine et plus parfaite, ainsi que nous l'apprenons des Actes des apôtres (iv, 25; xiii, 33), et de l'Épître aux Hébreux (v, 5). Ce psaume exhorte tous les rois à recevoir le lils de Dieu avec respect, c'est-à-dire à se montrer ses ministres en tant que rois, comme rexplicjue bien Augustin, dont je citerai les termes qui se rapportent à ce sujet. « Les rois servent Dieu en qualité de rois, si suivant les commandements (le Dieu, ils ordonnent le bien dans leur royaume et défendent le mal, non-seulement pour ce qui regarde la société humaine, mais aussi pour ce qui concerne la divine religion. » Et ailleurs : « Gomment donc les rois servent-ils le Seigneur avec crainte, si ce n'est en défendant et en punissant avec une sévérité religieuse les choses qui se font contre les commandements du Seigneur. Car autre est la manière de servir Dieu comme honmie, autre la manière de le servir comme roi. » « Les rois, dit-il plus bas, servent donc Dieu comme rois, lorsqu'ils font pour son service des choses qu'ils ne peuvent faire que comme rois. »
rentre pas dans l'art de guérir (système du docteur Gall) ; qu'il n'est pas nun plus la rétribution du mal pour le mal. « Les lois pénales, dit il, ne • sont justes, ne sont légitimes, ne sont d'acconl avec la raison, que si elles ont pour base, non le principe d'expiation, la rétribution proportionnelle du mal par le mal, ou l'cciuilibre du mal moral et de la souFl'rance, mais le droit de conservation de soi-même, qui appartient à la société comme à l'individu, et qui résulte pour elle du même principe... Appuyé sur la loi morale, ce droit est limité et réglé par elle, il ne peut être invoqué à juste titre qu'autant que les lois et les institutions de la société sont un moyen direct ou indirect de défendre la liberté et de favoriser le dévelojipement des facultés naturelles de l'homme» {Libr. cit., cliap. VII, p. 116 et suiv.). Voir aussi les six premières leçons du Cours de Code pénal, de M. Bertauld, 2» édit., 1859. Ce rapide exposé des théories diverses imaginées par les criminalistcs, montrera quelle a été la marche des idées en matière de pénalité, depuis Grotius.
132 l.E DROIT DE LA GUERRE ET DE LiV PAIX.
3. Un second argument nous est fourni par ce passage même de Paul, dont nous avons cité une partie (Épît. aux Rom. xiii), où il est dit que la puissance souveraine, telle qu'est la puissance royale, vient de Dieu, et où elle est appelée un arrangement divin. On en infère qu'il faut, — et cela, en conscience, — lui obéir, lui porter respect, et que celui qui lui résiste, résiste à Dieu. Si par ce terme û'arrangcmcnl divin on entendait une chose que Dieu se bornerait à ne pas vouloir enqtèchcr, ainsi ((u'il en use à l'égard des actions vicieuses, il ne s'ensuivrait aucune obligation de resi)cct, d'obéissance, et surtout aucun devoir de conscience. L'apôtre en exaltant, en rehaussant si fort ce pouvoir, n'aurait rien dit qui ne convint aux brigandages et aux vols. La conséquence de cela, c'est donc ([ue l'arrangement d'une autorité souveraine doit être considéré comme procédant de la volonté expresse de Dieu : d'où la conséquence que Dieu ne voulant pas ce qui lui est contraire, ce pouvoir n'est pas en opposition avec la volonté divine, (jui nous a été révélée par l'Évangile, et (jui oblige tous les hommes.
4. Cet argument n'est pas détruit par l'objection que ceux qui exerçaient le pouvoir à l'époque où écrivait Paul, étaient étrangers à la religion chrétienne. Le fait allégué n'est d'abord pas absolument vrai, car Sergius Paulus, propréteur de Chypre, avait depuis longtemps embrassé le christianisme (Act. xih, 12); pour ne rien dire de l'ancienne tradition relative au roi d'Édesse (*), tradition qui bien qu'altérée par quelque mensonge, paraît cependant tirer son origine d'un fait vrai. Il ne s'agit pas, en second lieu, de savoir si les in-
(") Edcsse est une ville d'Osroène. Le nom ,(l'Abgare y est commun, comme cela parait par les médailles, par Tacite, Appien, par les fragments de Dion, tant ceux qu'on possédait depuis longtemjis, que ceux qui ont été publiés depuis peu, et par Capiloiin. Gbotius.