‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 88 sur 294 · LIVRE I, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE I, CHAPITRE II

pour le protéger dans son trajet contre toute violence, ne s'y opposa pas. Il n'avertit pas inêiiie le tribun ou les gardes que Dieu n'avait pas pour agréable qu'on repoussât la force par la force. Et cependant c'était \h ce Paul, qui ne négligeait jamais, lui-même, aucune occasion d'enseigner à autrui son devoir, et qui ne souffrait pas que les autres en négligeassent aucune (II Timoth., iv, 2).

12. Le neuvième argument consiste dans cette considération, que le but propre de toute chose honnête et d'obligation ne peut être qu'honnête et obligatoire. Payer les impôts est une chose honnête, un précepte qui oblige la conscience, comme l'explique l'apôtre Paul ; or, le but des impôts est de donner aux autorités publiques les moyens de pourvoir à la dépense que nécessitent la protection des gens de bien et la répression des méchants (Rom. XIII, .3, 4, G). Tacite dit fort à propos, à ce sujet, (jue « la paix des nations ne peut se maintenir sans armes, ni les armes subsister sans solde, ni la solde se payer sans impôts. » Augustin a dit de même : « Nous payons les tributs pour fournir la solde aux gens de guerre, qui sont nécessaires. »

13. Un. dixième argument est offert par le passage suivant des actes des apôtres (xxv, 11), où Paul s'exprime en ces termes : « Si j'ai fait du tort à quelqu'un, et si j'ai commis quelque chose qui mérite la mort, je ne refuse pas de mourir (*). » J'en conclus que, suivant Paul, même depuis la publication de la loi évangé-

vers étaient tombés so\is les coups des soldats, Paul ne se serait pas regardé comme complice d'un crime commis par celle effusion de sang. Il remarque dans sa lettre olxiv, que « Paul Ht en sorte qu'on lui duunàl une escorte même de gens armés. » Grotius.

(*) De même, dans les Actes des apôtres (xxviii, 18), « Je n'ai rien fait, dit-il qui mérite la mort, n « Nous souhaitons, dit Justin [Avolog. ii), que ceux qui ne vivent pas conformément aux principes de l'Évangile, et (|ui ne sont chrétiens que de nom, soient punis, et par vous-mêmes. »

Grotius.

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lique, il y a certains crimes (juc la justice tolère ou même exige qu'on punisse de mort. C'est ce que Pierre nous enseigne aussi (I Épit., cli. n, 19, 20). Que si telle avait été la volonté de Dieu, que l'on dût s'abstenir de sentences capitales, Paul aurait pu, à la véiité, se justilier, mais il n'aurait pas dû laisser dans l'esprit des hommes cette oj)inion, qu'il n'est pas moins permis actuellement qu'il l'était autrefois, de punir de mort les criminels. Or, du moment où il est démontré que les derniers supplices, depuis la venue du Christ, peuvent être légitimement infligés, je pense «{u'il est en même temps établi que certaine espèce de guerre est licite, celle par exemple (jui est entreprise contre des coupables réunis en grand nombre et armés, qu'on ne peut traduire en justice qu'après les avoir vaincus sur le champ de bataille. Que les forces des criminels et que leur résistance soient de nature à être prises en considération dans une délibération prudente, cela Jie diminue en rien le fond (Ui droit.

14. Un onzième argument se trouve dans la prophétie de l'Apocalypse, où certaines guerres de personnes pieuses sont prédites en termes manifestement approbateurs (xviii, 6), et ailleurs '.

15 On peut tirer un douzième argument de ce (juc la loi du Christ n'a détruit dans celle de Moïse (|ue ce (pii séparait les gentils des Hébreux (Éphés. n, 14). Quant aux choses qui sont naturellement honnêtes et recoimues telles par le consentement des nations bien disciplinées,

' Ce onzième clief s-c trouve cl il;\iis la prcriiicru édition, et (l.ms celle de IG32, que l'auteur témoi^'no ;ivoir revue avec soin. Je remaniue cela parce qu'il manque dans plusieurs éditions, ii|q»areunncnt par la Taute des imprimeurs, qui .sautèrent deux li}^nes, à cause de la ressenildance des mots Undecimum et Duodrciinum. t'.el article inancpiait déjà dans l'édition de lG'i-\ la dernière avant la mort de l'auteur. Mais, avant mon édition, il avait été remis, comme il doit 1 être, dans celle de 1712, qui l'a précédée immédiatement. (Barbeyiiac.)

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