LIVRE I, CIIAriTUE II
loin de les avoir abolies, elle les a comprises dans le précepte général de la pratique de l'honnête et de la vertu (Phil., IV, 8 ; I Corintli., xi, 13, 14). Or, les peines inlligées aux criminels et les armes qui repoussent l'injure, sont au nombre de ces choses naturellement louables ; on les rattache à deux vertus, la justice et la bienfaisance. Il convient ici de signaler en passant l'erreur de ceux (jui font venir le droit des Israélites de faire la guerre, de cela seul que Dieu leur avait donné la terre de Canaan. C'est bien là, en effet, une cause légitime, mais ce n'est pas la seule, car avant même cette époque il y eut des personnes craignant Dieu, qui tirent la guerre sur les inspirations de leur raison, et les Israélites euxmêmes, dans la suite, la firent par d'autres motifs, comme David pour venger l'affront fait à ses ambassadeurs. D'ailleurs, ce que chacun possède en vertu du droit humain ne lui appartient pas moins que si Dieu le lui avait donné : or, ce droit n'est pas aboli par l'Évangile.
YIII. — Voyons aussi maintenant sur quels arguments s'appuie l'opinion contraire, afin qu'un appréciateur pieux puisse juger plus facilement laquelle des deux emporte la balance.