‹ Le droit de la guerre et de la paixChapitre 97 sur 294 · LIVRE 1, CHAPITRE II · texte numérisé non relu

LIVRE 1, CHAPITRE II

est exercée en remplissant roflice de la divinité, et qui doit être rapportée à celle que Dieu s'est réservée ; et la vcii{,'Gance qui n'a d'autre but que de satisfaire le ressenliinent de l'offensé, et que l'apôtre avait interdite un peu auparavant. Car,, si vous comprenez dans cette défense même la vengeance exercée en vue du bien public, qu'y avait-il de plus absurde, après avoir dit qu'il faut s'abstenir des peines capitales, que d'ajouter ensuite que les autorités publiques ont été constituées par Dieu" pour punir en son nom?

li. Un cin([uième passage, dont quekiues-uns l'ont usage, se trouve dans la seconde Épîtrc aux Corinthiens (x, 3) : « Encore ([uc nous virions dans la chair, nous ne combattons pas selon la chair. Les armes de notre milice ne sont point charnelles (*), mais puissantes en Dieu pour renverser des remparts, » et le reste. Mais ce passage ne fait rien à notre sujet. Ce qui précède et ce qui suit montrent, en cifet, que par le mot de chair Paul entend l'extérieur débile de sa personne, telle qu'elle paraissait aux yeux du monde, et qui lui attirait du mépris. A cette disgrâce de nature, Paul oppose ses armes, c'est-àdire le i)ouvoir qui lui avait été donné comme apôtre pour châtier les récalcitrants, et dont il a fait emploi contre Élymas, l'incestueux corinthien, Hymenée et Alexandre. Cette puissance, il nie donc ({u'elle soit charnelle, c'est-à-dire infirme ; il déclare au contraire qu'elle est on ne peut plus énergique. Mais quel rapport cela a-t-il avec le droit d'inlliger la peine de mort, ou celui de faire la guerre? C'est, au contraire, parce que l'Église était alors privée du secours des puissances temporelles, que Dieu avait suscité pour sa défense ce pouvoir de faire des miracles, qui commença à cesser dès que l'Église eut

(") Chryso&lômedilsur ce jiassage, que l'aiiolrc entend par les aniiCs cliarnelles : «les ricliesses, la gloire, la puissance, rélo(|iience, l'adresse, les brigues, les flatlerics, les UompcriLs. » Grotius.

i56 LE IIROIT PE LA GUERRE ET DE LA IWIX.

des empereurs chrétiens, de iiièine que la manne discontinua de tomber lorsque le peuple des Hébreux l'ut arrivé dans des terres fertiles,

15. Le passage de l'Épitre aux Éphésiens (vi, 12) que l'on allègue en sixième lieu : « Revètcz-vous de toutes les armes de Dieu, ])0ur pouvoir résister aux artilices du diable; car vous n'avez pas à combattre — (sous-eutcndez seulement, selon l'usage des Hébreux) — contre le sang et la chair, mais contre les puissances..., » et ce qui suit; ce passage traite des combats que les chrétiens ont à soutenir comme chrétiens, et non pas de ceux qui peuvent leur être communs avec les autres hommcîs en de certaines rencontres.

16. Le passage de Jacques, (pie l'on invocpic en septième lieu, ne contient rien de général : « U'où viennent les guerres et les condjats entre vous ? N'est-ce pas de vos passions qui combattent dans votre chair? Vous êtes pleins de désirs et vous n'avez pas ce ([ue vous désirez; vous êtes envieux et jaloux, et vous ne pouvez pas obtenir ce que vous voulez ; vous combattez et vous vous faites la guerre les uns contre les autres, et vous n'avez pas ce que vous tâchez d'avoir, parce ([ue vous ne le demandez point. Vous demandez et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, ne demandant que pour avoir de quoi satisfaire à vos plaisirs. » Ce texte nous apprend seulement que les guerres et les combats dont les Hébreux dispersés se déchiraient misérablement les uns les autres, et dont on peut voir dans Josèphe une i)arlie de l'histoire, ont eu pour origine des causes déshonnctes; ce qui, nous le savons et nous le déplorons, arrive encore de nos jours. Le vers suivant de Tibulle ne s'éloigne pas de la pensée de Jac([ues : « Telle est rinlluence funeste de l'or; il n'y eut point de guerres tantiju'une coupe de hêtre était préférée aux festins. » Strabon remarque dans plusieurs endroits (pie les nations dont le

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