XXVIII INTRODUCTION
rapports internationaux peuvent n'avoir pas pourvu ; mais ce serait une erreur de supposer que rien n'existe de semblable à un système de droit reconnu et agréé parmi les nations. S*il nous faut acquiescer à la définition stricte du droit, qui a trouvé faveur auprès de nombreux auteurs traitant des lois municipales, et qui limite Tidée du droit à une des formes sous lesquelles il est exprimé, on peut admettre qu'il n'existe pas de droit des gens, car il n'y a pas d'autorité supérieure commune pour imposer sa volonté aux nations indépendantes. Mais le droit, dans le sens le plus élevé du mot, dans lequel on remploie pour désigner les règles qui guident la conduite des êtres intelligents, est l'expression de leur unité de volonté ; et comme le droit d'un peuple est l'expression de sa conviction commune, de même le droit des gens est l'expression de la conviction commune des nations. Nous avons la preuve de l'existence de cette conviction commune en ce qui concerne les nations, soit dans leurs usages, soit dans des actes internationaux sous forme de déclarations ou de conventions, exactement comme, par rapport à un peuple, la preuve de sa conviction commune réside dans ses coutumes, ou dans les décisions écrites de ses tribunaux et les actes de sa législature. Il peut être vrai que relativement à la pratique des nations les facilités pour la constater ne soient pas aussi grandes que pour constater les coutumes d'un peuple ; mais le principe qu'implique ces deux sortes de recherches est unique et identique ; si à propos d'une question il existe une pratique des nations constatée, on peut la considérer comme l'expression de l'unité de volonté des nations et, à ce titre, comme la loi régissant leurs relations mutuelles sur cette question. D'autre part, on peut admettre que, comme la plus grande partie du droit des gens, constatée par la pratique des nations, n'est pas un droit écrit, jus non scriptum,i\ règne sur la nature du droit des gens en de nombreuses matières plus d'incertitude qu'il n'est compatible avec le progrès général des connaissances actuelles sur d'autres sujets. C'est