CONTRAT. IDÉE ET ESPÈCES
avantage, qu*un autre la garde sûrement et commodément pour lui (m).
Un contrat de la deuxième espèce (ayant pour but l'avantage des deux parties) peut être unilatéral, comme le prêt à intérêt, ou bien bilatéral , comme la vente et le louage.
Pour désigner ces deux espèces de contrats, les auteurs modernes emploient fréquemment les expressions : conventio lucrativa (ou gratuita) et onerosa. Mais ces expressions ne sont pas conformes au langage juridique des Romains. Nous pouvons simplement dire, en paraphrasant cette idée, que la première espèce de contrats est fondée sur la bienveillance ou la libéralité ; toutefois, il est bon d'ajouter à cette idée que la nature des donations comporte des conditions spéciales, en outre des conditions générales à tous les contrats (n).
Les divisions suivantes des contrats sont en elles-mêmes justes et importantes; mais leur discussion ne rentre pas dans notre étude actuelle.
Ainsi la division en stricti juris et honœ fidei contracttcs. Celle-ci se réfère exclusivement à la différence des actions qui naissent des contrats ;
(m) Cf. Système, t. 4, { 148. (n) Ct. Système, t 4, g 143.
tSO GH. ir« SOtlRCBS DES OBLIOATIONS.
elle concorde donc parfaitement avec la théorie des actions actiones sfricti juris {conditiones)^ et bonœ fidei, que nous avons exposée d'une manière complète en an autre endroit (o). Seulement^ il est bon dé prémunir ici contre la confusion possible de cette division des contrats avec la division exposée plus haut (sous le n"^ 1), en légitimée et juris gentium conventiones. Il ne faut nullement considérer ces deux divisions comme identiques, car elles reposent sur des bases toutes différentes, et par exemple, -le prêt qui appartient certainement au Jus gentium (note d), est non moins certainement un stricti juris contractus, puisqu'il engendre une condition (p).
Une autre division des contrats en solennels (avec formes) et non solennels, ne pourra trouver sa vraie place que plus loin, parmi les effets des contrats (§ 72 et s.) ; le principe général de cette division a déjà été posé dans un autre endroit (dans la théorie des manifestations de volonté (g). Mais nous pouvons dès à présent, à propos de cette division, faire remarquer qu*elle est en corréla-
(o) Système, t. 5, S 218-220, et appartiendraient à une formation
Appendice» XIII, XIV. juridique plus récente que les
(p) La confusion que nous si« tiricti JurU, Cf. Système, t. 5,
gnalons peut trouver un appui p. 116, 489, 638 (p. 126, 503, 611,
trompeur dans Topinion très-ré- trad.).
Sandue, mais sans base solide , (q) Système, t. 3, g 130. 'après laquelle les b. f, actiones