‹ Le droitChapitre 3 sur 14 · EXÉCUTIF · texte numérisé non relu

EXÉCUTIF

Un CBIME a été commis contre rAssemhI<}e nationale. Quelques FACTIEUX ont tenté de violer la souveraineté du peuple. Devant cet attentat, vos représentants sont restés calmes et fermes } la majeUé du D&OJT Ta emporté sirr U- fbrce krutaie, '

p Pouvoir exécutif? Expliquez - moi donc quelle » diffiarpnce vous faites entre les premiers et les » seconds , sinon que ceux-là réussirent le 24 » février, et que ceux-ci échouèrent le 15 mai?

> Contre les occupants du 15 mai, qualifiés de

> FACTIEUX par les réoccupants du 24 février , » invoquerez-vous le suffrage universel , invo- » querez-vous le vote du 20 avril ? Si vous vous » retpandiez derrière le suffrage universel , que 9 pépon4rez-vous aux occupants du 2 décem-

> bre qui vous opposeront le vote du 20 décembre p 4851 et le vote du 20 novembre 1852? Il faut 9 êtref ranc, il faut être catégorique ; votre triom- » pke, le 24 février, décoré de ce beau nom « la 9 majesté du Droit , » ne fut que le triomphe !► du fort «ur le faible , et la preuve de la vé- ■p rite de ces paroles , c'est que demain , si vous p triomphiez de nouveau , vous seriez encore p obligés de faire ce que vous fîtes, vous et vos p amîé , les 15 mai et 24 juin 1848! Est-ce » vrai? Donc, vous n'avez pas de critérium ^ » donc vous n'avez pas de mesure, donc vous 1 ji'avez pas de baUnce pour reconnaître, me-

» surer, peser qui a tort ou raison, qui ventre » dans le droit et qui en sort ! i>

Mon visiteur ne pouvait pas répondrai à mou interpellation; aussi Véluda-t-il.

Après avoir constaté qu'il Téludait, j'ajoutai : « Le Droit est un mot qui a un sens différent, » selon qu'il s'applique à l'état de biu'burie ou » selon qu'il s'applique à l'état de civilisation . » Lorsqu'il s'applique à l'état de barbarie, Droit » signifie le plus fort; lorsqu'il s'applique à l'é- » tat de civilisation, Droit signifie le plus eu- » pable. Le droit du plug fort s'atteste par la » victoire matérielle; il a pour armes tout ce

> qui tue. Le droit du plus capable s'atteste » par la victoire morale ; il a pour armes tout » ce qui vivifie. Le 24 février, qu'avaient donc » à faire le soir les vainqueurs du matin? Ils » avaient à faire une courte proclamation où ils » eussent dit tout simplement : — Le pouvoir

> se prend au risque de le perdre . 11 y a deux ma- » nièresde nous attaquer : ou par la force ma- » térielle ou par laforce intellectuelle. A ceux qui » nous attaqueraient par la force matérielle, nous

> répondrons par l'emploi de la même force, de p façon à leur prouver que nous sommes les plus i 'ïorts^J' ët'^ùe nous ne craignons pas Tagres- » sien ; à ceux qui nous attaqueraient par la force i'întfeïléctlîëUe, nous répondrons par remploi de >''Ta illêtfë force, de façon à leur prouver que 'i* ïïcitis feômm'es ïels plus capables et que nous ne

> 'ci'âlgiions'paâ' la discussion. Donc, que les i paiHSè'vaïncùs cHoisissent leurs armes! Veu-

' i fent-flà se bât'lb-é TLs, forcé sera repoussée par 9 * la force , fch'aTges à mitraille contre barricai ' âés ', cànôris coiitfe fusils. Èiitîèi*e liberté. Au » pWs Î6i4; le pouvoir! Véulent-îls discuter? Le * » *raîsonhem4ni sei^â réfuté par le raisonnement, p ' discours 'côntîre discours , journaux contre »'j[oiirnaux.'''Èritièrë liberté. Au plus fort le '9 pouvoir ! "Mais lorsqu'on peut raisonner et se » conduire en nommes doués de la faculté de » discuter , poiirquoi se battre et se con- » duire en êtres dépourvus de la faculté de pen-

•aisonner se bat, se battre rai- ^ »' sonné, s'élève. Vaincus et vainqueurs, désar-

» ser? L noïnme qui au lieu de raii » déchoit ; l'homme qui au lieu de

» moi^ donc matériellement, et ne Qoni&coiQbatj> tom plus qu'intellectuellementj.par les moyens » auxquels riu4ustrie doit ees victoîreai ' et k ï> scieucQ ses conquêtes. » • ^ ! '

N'étant interj^ompu par aucune ôbjeetiop quoique cette doctrine frappât pour la première ifoîs les oreilles de mon auditeur et dût T^toMer, j^ continuai en finissant par ces. mots :

f Dans oet ordne d'idées., le$ mots crime et » factimo^^ qui émaillenttqutes les proclamations p affichée^ les 15 mai et 24 juin, proclama- » tion^ signées de vos amis de la Commission exé- ^ cutiye, ces mots n'ont plus de sens. Quiconque » exerce le pouvoir social rexerce à ses risques » et périls. C'est à lui d'être ou le plus fort si on j» l'attaque, ou le plus capable si on le discute. ^ La faiblesse qui a le dessous dans une lutte » a un nom : elle s'appelle faiblesse; l'ignorance ]> qui a le dessous dans une discussion a un nom : j> elle s'appelle ignorance. Pourquoi donc les D appeler crime? Pourquoi donc les appeler fiic* » tion? N'a-t-on pas vu assez de fois les mêmes > prisons réunir le proscrit et le proscripteur^

eeluHà tendre à celui-ci la main en s'avouant ifitérieuTement que s'il avait eu le môme pouy^ii^ ii eût déployé la même intolérance?

L'insurrection qui échoue est un risque qui se .paye* Pourquoi les révolutions ne se termiaent^dies pas? C'est qu'elles se démentent totttes; c'est qu'elles ne finissent jamais par où elles commencent toujours : en proclamant la Liberté. Les révolutions sont la revendication du mineur qui cesse d'être mineur contre le tuteur qui ne veut point cesser d'être tuteur, du serf intellectuel contre le suzerain l^al. Le pouvoir change de mains , mais ne change pas de nature : voilà pourquoi une révolution qui s'éteint n'est jamais que le prélude d'une révolution qui s'allume. Séparation absolue entre ce qui appartient au pouvoir individuel et ce qui appartient au pouvoir indivis j séparation absolue entre ce qui constitue l'empire de la force et ce qui constitue l'empire du raisonnement sans autres limites que celles qui sont tracées par la vérité et Ter-

ï^'ireur ; telle est l'œuvre qui a été manquée trois

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