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DES TUTELLES EN GÉNÉRAL

Le mot tiuelle signifie défense, protection. Tout ce dont il a été question jusqu'à présent se rattache plus ou moins directement k cette idée. Les hommes vivent en société pour se protéger réciproquement contre les abus de la force et de la violence. L'État, la commune, la famille, sont autant d'institutions de protection qui permettent à l'homme de développer ses facultés physiques, intellectuelles et morales.

Il fut un temps où la société imparfaitement organisée, une population rare, disséminée sur de vastes espaces, la difficulté des communications, la grossièreté de mœurs, le sentiment du droit peu développé , faisaient de Tinsécurite et de l'oppression la condition habituelle d'une grande partie de la race humaine. De Ik ces récits plus ou moins fabuleux qui nous montrent des hommes vaillants, des héros, parcourant la terre pour exterminer ces brigands redoutés qui répandaient la terreur sur des contrées entières. Tels furent Thésée et Hercule, ces grands justiciers de l'antiquité. A une époque plus rapprochée, nous avons vu se reproduire k peu près la même chose dans des circonstances analogues. Le régime féodal, dont nous avons pré-

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sente un rapide aperçu à propos de l'émancipation du travail (chapitre xxix), ne fut autre chose qu'un vaste système de protection du faible par le fort-, on compte plus sur le patronage d'un homme puissant que sur l'empire des lois.

Cette sécurité profonde dont nous jouissons aujourd'hui, sans avoir besoin de réclamer d'autre protection que celle des représentants de la loi, ne remonte pas bien haut. Il n'y a pas bien longtemps que les routes sont sûres, qu'on peut voyager sans être armé jusqu'aux dents, que les rues de nos grandes villes ne sont plus envahies avec la nuit par des bandes de malfaiteurs, que le brigandage a perdu sa redoutable organisation; il ne faudrait même pas regarder bien loin autour de nous pour voir s'accomplir dans ce genre des exploits dignes d'une autre époque. Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, dans les pays qui se disent civilisés et le sont réellement, la sécurité et la protection générale des personnes et des propriétés sont assurées par une magistrature vigilante, une police sans cesse en éveil et une force armée dévouée.

Mais la loi a dû organiser une tutelle et une protection spéciales pour certaines situations particulières, dans lesquelles il ne s'agit pas de prévenir ou de réprimer tel ou tel attentat, mais bien de veiller d'une façon permanente sur les intérêts d'une personne qui se trouve hors d'état d'y pourvoir elle-même, par suite d'une incapacité plus ou moins absolue.

Les incapables peuvent être distingués en deux catégories : les personnes morales et lès individus auxquels, a raison de leur âge ou de l'altération de leurs facultés mentales, on ne peut laisser la conduite de leurs affaires.

L'homme n'est pas seul à être une personne, k avoir un patrimoine, des biens, des créances, des dettes. Cette qua-

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