DEUXIÈME PARTIE
nière que l'État contracte ses emprunts^ en échange du capital qu'il reçoit il s'engage a payer une rente perpétuelle. Â la rente eonstiiuée on oppose, à certains égards, la rente foncière qui est constituée comme prix de la vente d'un immeuble au profit du vendeur. Celle-ci peut être stipulée non rachetable pendant trente ans ^ et, comme il est permis de vendre un objet quelconque, un immeuble, notamment, aussi cher qu'on veut, on peut stipuler pour prix d'un immeuble valant cent mille francs une rente de dix mille dont le rachat ne pourra se faire que moyennant deux cent mille francs, tandis qu'en vous abandonnant un capital en argent de cent mille francs Je ne puis stipuler une rente de dix mille francs, ce qui serait vous prêter au dix pour cent.
§ 4. Du prêt â usage.
Nous avons vu, dans le paragraphe précédent, les différences juridiques entre le prêt de consommation et le prêt à usage. Celui-ci est encore assez fréquent, mais pour des choses peu importantes *, exactement comme on ne stipule pas d'intérêt pour le prêt de consommation lorsqu'il s'agit de petites sommes.
Le prêt à usage est au louage ce que la donation est k la vente. Je puis vous vendre mon cheval ou vous le donner, vous en transféi^er la propriété contre un prix ou gratuitement *, je puis, k ce double titre, yous en conférer simplement l'usage, vous le louer ou vous le prêter.
Le prêt k usage est peu conforme aut conditions actuelles de la société. Autrefois, il y avait peu d'industriels faisant profession de louer des choses mobilières ; on empruntait le cheval ou la voiture de son voisin ^ certains objets étaient rares et chers, on y regardait k deux fois avant de les acheter; aujourd'hui on les trouve partout en abondance, k bon marché, on les achète. « Prêtez-moi votre hache, disait
quelqu'un k sou voisin. — Celui-ci, un vieux paysan, aussi peu prêteur que la fourmi de la fable, lui demanda d'un air narquois : Est-ce que ça se prête? — Oh! sans doute. — Ah! si j'avais su, je ne Faui^s pas achetée. »