‹ Le droit français, ses règles fondamentalesChapitre 18 sur 244 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

tions qui se traosmetteot Y nue k l'autre le dépôt sans cesse accru des arts, des inventions, des connaissances de tous genres, transmission qui ne peut évidemment s'opérer que dans une société régulièrement organisée. Aussi voyons-nous que les grandes perturbations sociales, sans détruire la société elle-même, marquent toujours un temps d'arrêt, quelquefois un mouvement rétrograde dans l'œuvre de la civilisation.

Concluons donc sur tout cela; si la science nous donne l'explication du grand phénomène de la vie physique dans l'homme (voir chap. iv), elle nous révèle un phénomène plus grand encore : la vie morale. La vie morale et la vie physique sont régies par des lois bien différentes sans doute, et voici pourtant un principe qui leur est commun. C'est une des grandes harmonies de la nature que l'homme est convié par le plaisir ou contraint par la douleur k l'accomplissement des actes dont dépend la conservation de l'individu ou de l'espèce : il faut que l'homme prenne de la nourriture pour vivre -, aussi la faim est-elle une souffrance et manger un plaisir. Ihn'en est pas autrement dans l'ordre moral. L'homme est moralement créé pour la vertu et le devoir ; aussi est-il poussé k l'accomplissement de cette loi par la douleur et le remords qu'il éprouve quand il l'a violée, par le contentement qui remplit son âme quand il s'y est conformé. Le témoignage d'une conscience pure est le premier des biens.

Mais ce remords et cette satisfaction supposent une lutte entre deux mobiles opposés, le devoir et l'intérêt, lutte dans laquelle la loi morale a succombé ou triomphé. Parions donc de ce second mobile.

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