CHAPITRE VII
DE l'économie politique OU DE l'uTILE.
L'homme a des besoins impérieux k satisfaire. Il lui Taut absolument la nourriture, le vêtement, le logement. Ces besoins satisfaits, il en éprouve d'autres d'un ordre plus élevé. Il veut d'abord toujours être mieux nourri, mieux vêtu, mieux logé ^ il lui faut des moyens de transport de plus en plus commodes et rapides -, des livres , des tableaux , des statues, des spectacles, tous les instruments, toutes les installations matérielles qu'entraine la culture des lettres, des sciences, des arts. Tous ces objets nécessaires à la satisfaction de ses besoins, Vhomme les appelle utiles; tout cela constitue pour lui la richesse.
L'homme recherche donc ce qui lui est utile, et cette recherche est légitime. Voilà un nouveau mobile de ses actions, le grand ressort de cette activité qui a pour théâtre la terre entière. De là ces champs couverts de riches cultures, d'usines, de manufactures, sillonnés par des routes, des canaux, des chemins de fer -, de là des cités populeuses où se presse une foule affairée, avec leurs ports où se rencontrent des navires de tous les pays du globe, avec leurs entrepôts où s'entassent les produits des deux mondes. Arrêtons un instant nos regards sur tout cela.
Que fait cette grande fourmilière humaine ? Elle travaille. Le négociant dans son comptoir aussi bien que le portefaix qui décharge un navire -, le capitaine comme le matelot , le savant qui fait des expériences dans son laboratoire -, l'ingénieur qui dresse des plans dans son cabinet, aussi bien que le mécanicien sur sa locomotive , l'ouvrier dans l'usine, le laboureur derrière sa charrue -, tous travaillent, c'est-à-dire