‹ Le droit français, ses règles fondamentalesChapitre 20 sur 244 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

font un effort quelconque pour contribuer k produire les objets nécessaires k la satisfaction de nos besoins ; ils appliquent les forces de leur intelligence et de leur corps a vaincre les obstacles qui s'opposent k ce que nous fassions servir la nature k la satisfaction de nos besoins. Autant de genres d'obstacles k vaincre, autant de travaux, d'industries différentes. Ce fruit croit dans des pays lointains, il fendra l'y aller chercher -, cette lande stérile , pour produire du blé, doit être défrichée, labourée, fumée -, convertie en prairie, elle nourrira la brebis qui nous donnera sa laine pour nous vêtir, mais cette laine, il faudra la peigner, la filer, la tisser.... De Ik l'industrie des transports, l'industrie agricole, manufacturière. Yoilk donc un grand fait, un grand phénomène : le travail sous mille formes diverses, qui , k l'aide des forces de la nature, crée la richetse.

Mais voici qui me frappe encore davantage. L'homme, disons-nous, travaille pour satisfaire ses besoins; or, chaque homme a une infinité de besoins et ne produit cependant qu'une seule espèce d'objets. Le laboureur, le vigneron, le forgeron, le potier ne produisent que du blé, du vin, des instruments en fer, des vases de terre. Il y a plus : si j'entre dans une usine où l'on fabrique des objets de la plus mince valeur, des épingles, par exemple, je vois que ce n'est pas le même individu qui commence et achève une épingle -, l'un étire le métal, l'autre le coupe, celui-ci fait la pointe, cet autre la tête. Yoilk un nouveau phénomène k noter : Ui divù mn du travail qui a pour effet de rendre le travail plus fécond, parce qu'en faisant toujours une seule et même chose , on arrive k la faire plus vite et mieux.

La division du travail nécessite Y échange. Chaque homme produisant d'une certaine espèce d'objets beaucoup plus qu'il ne lui en faut pour sa consommation personnelle, échangera le surplus ; le laboureur, par exemple, donnera

son excédant de blé au vigneron, au forgeron et au tailleur, qui lui donneront du vin, des ustensiles, des vêtements.

Mais cet échange, ce troc, je ne l'aperçois pas. Le laboureur qui a besoin d'un vêtement, ne va pas trouver le tailleur, un sac de blé a la main, car celui-ci pourrait lui dire que pour le moment il n'a pas besoin de blé. Le laboureur ira trouver un marchand de blé, lequel, faisant profession de vendre du blé, est par cela même toujours disposé k en acheter; il en recevra, en échange de son blé, une certaine quantité de monnaie avec laquelle il est assuré de pouvoir se procurer tout ce qu'il voudra , car c'est une marchandise que tout le monde accepte. Les choses ont donc un prix qui n'est autre chose que leur évaluation en monnaie. Qu'est-ce donc que la monnaie, ce merveilleux instrument d'échange qui, comme le langage humain, sert d'intermédiaire dans le monde entier?

Mais ce prix , cette valeur des choses, qui la fixera? Ne dites pas que les choses ont d'autant plus de valeur qu'elles sont plus utiles : l'eau et l'air, indispensables à la vie, n'ont pas de prix, et un morceau de pain en a infiniment moins qu'un diamant dont il semble qu'il est si facile de se passer. Ce prix sera fixé par la concurrence que se feront les vendeurs et les acheteurs. Si la chose est très-offerte et peu demandée, si plusieurs acheteurs se disputent la chose dont un seul vendeur dispose, le prix s'élèvera. Voilà donc, en vertu de cette loi de la concurrence, tous les producteurs tenus de faire le mieux possible et de vendre au plus bas prix possible. De Ik une lutte, une émulation, le développement de l'esprit d'invention , dont la société entière profite.

Mais ce prix dont nous sommes convenus en échange de l'objet que je vous livre, je ne le reçois pas toujours sur-lechamp, c'est même la règle dans le commerce. Le mar-

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