DEUXIÈME PARTIE
demandent la réalisation immédiate et complète de leurs aspirations, il faut reconnaître que les arguments en faveur de la protection comme le véritable et définitif régime de rindustrie sont bien autrement fait)les.
Le système protecteur a principalement son origine dans deux circonstances qui ne plaident pas en sa faveur : 1*" il s'est établi k une époque où, l'état de guerre étant en quelque sorte permanent, chaque nation se préoccupait de maintenir chez elle la plupart des industries utiles, afin que la guerre ne la privât pas tout k coup des produits de ces industries-, 2"* le système prohibitif était fondé sur cette erreur capitale (V. ci-dessus chap. xlvi, § 3) que, l'or étant la richesse par excellence, chaque nation devait s'efforcer de vendre k ses voisins le plus possible, sans leur rien acheter, afin d'accaparer son or, et, pour cela, produire elle-même tout ce dont elle avait besoin. Gomment vendre sans acheter? Gomment donner en échange sans rien recevoir?
Voilk une origine qui n'est pas faite pour concilier les sympathies au régime de la prohibition. Beaucoup d'arguments invoqués aujourd'hui sont loin d'être satisfaisants. J'en relèverai ici deux côtés faibles : 1° ils sont les mêmes, qu'on invoquait autrefois pour justifier les barrières de douanes qui existaient entre les provinces d'un même pays ; si vous permettez k la Beauce d'expédier son blé en Provence, comment le cultivateur provençal pourra-t-il soutenir cette concurrence? Le libre échangiste d'alors, pour faire tomber ces barrières, disait : que la Provence cultive le mûrier, l'olivier, la vigne, les fleurs; 2* ces arguments sont analogues k ceux qui ont été mis en avant contre l'introduction des machines : vous allez ruiner les ouvriers en les remplaçant par des machines. On a répondu avec raison que cela peut bien occasionner quelques souffrances passa-
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gères, mais que bientôt, gràee aux machines, wae même industrie emploiera dix Cms plus d'ouvriers, sans compter que, par la baisse des prix, les produits de cette industrie seront mis à la portée d'un plus grand niombre. Un \\ti^ commun à tous les arguments de la protection, c'est de se préoccuper exclusivement de la production et d'oublier le consommateur auquel la protection fait payer le produit pins cher. Une industrie qui se sent protégée reste stationnaire; k quoi bon perfectionner ses procédés, son outillage, puisqu'on ne redoute pas la concurrence? La diminution des droits protecteurs est surtout funeste aux industries qui n'étaient pas viables ;, elle ne fait souvent qoe hâter une chute d'ailleurs inévitable.
En industrie conune en. toute matière, il faut cherchera résoudre les questions par la liberté.
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