DEUXIÈME PARTIE
simplement le droit de l'adversaire ^ c'est ce qu'on appelle proprement une défense. Mais vous pouvez lui tenir, suivant les circonstances, un autre langage : vous me réclamez telle somme qui vous était due par Paul dont je suis héritier -, je ne veux pas vous répondre pour le moment ; je ne sais pas si j'accepterai la succession^ j'ai trois mois et quarante jours pour faire inventaire et délibérer avant de prendre partie. — Vous ferez ainsi rejeter sa demande, pour le moment du moins. Vous ne contestez pas le fondement de sa prétention \ vous vous refusez a l'examiner. Il en serait de même si vous aviez été cité devant un tribunal incompétent ; vous direz à votre adversaire : il ne s'agit pas de savoir si vous avez tort ou raison, je ne veux pas même que la question soit examinée par le tribunal qui est incompétent pour en connaître. En répondant ainsi à votre adversaire, au demandeur, vous lui opposez une exception -, vous excipez de votre qualité d'héritier qui fait inventaire -, vous excipez de Tincompétence du Tribunal.
Dans certains cas , on a entre les mains un moyen trèssimple de faire valoir son droit. Vous me réclamez un objet que je vous ai vendu et dont vous ne m'avez pas payé le prix, quoi de plus naturel que de vous dire : Payez-moi et je vous livrerai; jusque-là je retiens la chose vendue-, j'use du droit de rétention. Il en sera de même si, ayant entre les mains, pour un motif légitime, une chose qui vous appartient, que vous m'avez prêtée par exemple, j'ai fait des dépenses indispensables pour la conservation de cette chose; je pourrai la retenir jusqu'à ce que vous m'ayez remboursé ce que j'ai dépensé. Nous savons que la compensation est un moyen très-commode de se payer de ce qui nous est dû : le créancier retient en payement de ce qui lui est dû ce qu'il doit lui-même k son débiteur. (V. chap.