‹ Le droit français, ses règles fondamentalesChapitre 21 sur 244 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

chand qui achète ud produit du fabricant lui dit : Je vous payerai dans trois mois, quand j'aurai revendu une partie des marchandises que je reçois aujourd'hui de vous. Voilk une promesse écrite de vous payer la somme k celte date. Le fabricant fait donc crédit au marchand. S'il a besoin de son argent avant le terme fixé, il pourra, soit céder cette promesse écrite h son propre créancier, soit la remettre k un banquier qui lui en comptera le montant, sauf prélèvement d'une somme plus ou moins considérable, suivant que l'échéance est plus ou moins reculée.

Mais cette richesse qui a été produite aujourd'hui vat-elle être consommée aujourd'hui même? Le sauvage, dans son dénùment et son imprévoyance, consomme chaque jour le produit de sa chasse, sauf k mourir de faim le lendemain s'il est moins heureux que la veille. L'homme civilisé, qui a plus de ressources et de prévoyance, dont la production est plus régulière, plus assurée, met en réserve une portion de la richesse créée aujourd'hui, et cette richesse épargnée lui facilitera demain une production plus abondante. Par l'épargne il se constitue un capital.

Besoins, richesse, travail, division du travail, échange, valeur, prix^ monnaie, concurrence, crédit, épargne, capital... Que de faits, que de phénomènes saisissants ! Serait-il possible que ce monde du travail, de l'échange et de l'épargne, que toute cette activité humaine n'eût pas ses lois, aussi bien que la fourmi et l'abeille qui travaillent k remplir leur ruche ou leur grenier? Cela ne saurait être-, seulement, tandis que l'abeille et la fourmi, depuis l'origine du monde, obéissent invariablement k leur instinct k la fois infaillible et borné, l'homme, au contraire, intelligent et libre, doué de raison et de passion, connaît les joies du succès et du progrès, les défaillances de l'erreur, peut violer les lois que sa nature semble lui imposer.

Nous avons vu comment, dans l'ordre moral , la loi de rhomme est de tendre au vrai, au bien, au beau. Dans l'ordre économique, que nous venons d'analyser rapidement, la loi de Thomme est de marcher k la conquête du monde pour le faire servir k la satisfaction de ses besoins sans cesse agrandis et anoblis, et d'arriver à ce but par la science et le travail, par le travail libre, respecté, honoré. A tout cela, il a pu préférer la guerre, le pillage, la spoliation, l'esclavage-, mais ici encore l'histoire nous apprend que le châtiment suit toujours la violation de la loi, et qu'on ne saurait fonder sur de pareilles bases une société véritablement grande et prospère.

N'est-il pas vrai que tous ces phénomènes dont nous venons de faire une rapide revue ont une étroite liaison entre eux k ce point que, quel que soit celui qui attire notre attention, il nous conduit forcément k tous les autres? Qu'ils se rattachent tous a un objet commun, la production, la distribution, la circulation, la consommation de la richesse? Qu'ils tiennent une large place dans la vie des individus comme dans l'histoire des peuples ? Qu'ils offrent un vaste sujet d'études et de méditations? Ils constituent en effet le domaine d'une grande science, Y Économie politique. Économie signifie ordre, arrangement, distribution des diverses parties d'un tout -, plus particulièrement , l'arrangement intérieur de la maison, au point de vue du bon emploi de la richesse, et c'est en ce sens qu'on dit économie domestique. Par économie politique on entend l'ensemble de Tactivité sociale relativement k la richesse. On l'aurait peut-être mieux nommée Économie nationale ou générale.

S'il est vrai, comme nous l'avons dit (chap. iv), que toute science qui a l'homme pour objet aboutit k ce résultat suprême de nous montrer dans son principe et ses effets le grand phénomène de la vie par quelqu'une de ses manifes-

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