‹ Le droit français, ses règles fondamentalesChapitre 38 sur 244 · DIVISION · texte numérisé non relu

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Si Ton vent bien jeter un coup d*œil sur la série des sections et chapitres qui suivent, on pourra y reconnaître une distribution assez rationnelle des matières*, mais ce que je regarde comme essentiel, comme constituant Tordre réel et intime, bien supérieur k Tarrangement symétrique et extérieur, ce sont les considérations par lesquelles on établit la transition naturelle d'un sujet k un autre ^ c'est ce dont nous nous préoccupons constamment.

Ainsi que je l'aidéjk dit, le mot tn^^/u)£fe signifie voie, route à suivre pour arriver k un but, k un résultat. La question de méthode est donc d'une importance évidente ; toutefois il faut s'entendre. S'agit-il de la voie k suivre pour arriver k la découverte de la vérité, pour constituer uqe science nouvelle, de se diriger en quelque sorte dans un pays inconnu : la question de méthode est capitale, il faut se garder d'aller trop k droite ou trop k gauche, on pourrait s'égarer. Mais quand il s'agit d'une science faite, d'un ensemble de connaissances bien déterminées qu'on veut s'approprier, d'un pays, en un mot, qu'on parcourt sous la conduite d'un guide auquel il est plus ou moins familier, sans doute la méthode a encore son prix, il n'est pas indifférent d^arriver par un chemin plus court et plus commode, mais enfin on arrive toujours, on ne risque pas de s'égarer.

Il importe également au maître et k l'élève que celui-ci se rende compte, dès le début, du genre particulier des difficultés que présente l'exposition des principes de la science qu'il va étudier. Dans les sciences mathématiques, il y a un ordre qui s'impose nécessairement parce qu'on y passe tou-

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jours rigoureusement du connu k l'inconnu, d'où la conséquence que, lorsqu'on a vu les dix premiers théorèmes, par exemple, on en a une intelligence complète, bien qu'on ignore ce qui suit. Il n'en est pas de même des sciences morales, du droit notamment. Lk tout se tient aussi, mais d'une autre manière. Les différentes parties forment un tout, un organisme pareil aux diverses pièces qui constituent un mécanisme : on ne peut se rendre compte de l'utilité, de la fonction de l'une d'elles, si on ne se représente en même temps la fonction de toutes les autres. De là une double conséquence : l'' on ne peut pas dire qu'il y ait un ordre absolument nécessaire, un commencement et une fin ; 2<* on ne peut avoir la prétention de savoir parfaitement une partie, tant qu'on n'a pas vu tout le reste. Un coup d'œil jeté sur la distribution des matières dans notre Code civil expliquera et justifiera ces réflexions. Il est divisé en trois livres.

Le livre I" traite des personnes, c'est-k-dire de l'homme considéré dans les divers états qui sont de nature k influer sur sa capacité : la nationalité, la famille, le sexe, Fâge, les infirmités morales et physiques. Rien de plus logique assurément que de s'occuper avant tout des personnes 5 mais combien dérègles et de distinctions établies dans ce premier livre ne peuvent être bien comprises que lorsqu'on a étudié les matières contenues dans les deux autres! On nous dit, dans le premier livre, que le père a l'usufruit des biens de ses enfants mineurs ^ que le mineur a une hypothèque sur les biens de son tuteur -, que celui-ci ne peut accepter une succession échue au pupille que sous bénéfice d'inventaire : qu'est-ce que l'usufruit, l'hypothèque, le bénéfice d'inventaire ?

Le livre II s'occupe des biens, de la propriété, de ses diverses espèces et modifications. Certes, rien n'est plus naturel que de parler des biens après avoir parlé des per-

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