CHAPITRE XIX
DES PraSONNES ET DES CHOSES SODMISES A LA LOI DE L'ÉTAT.
L'État a eu d'abord un caractère essentiellement exclusif. La cité antique, Athènes, Sparte, Rome, est une association étroite de protection -, c'est un camp retranché dans lequel les citoyens cherchent un refuge c(»itre l'ennemi. L'ennemi, c'est l'étranger -, il est en quelque sorte hors la loi, comme il est matériellement en dehors de la cité -, on n'a de rapports avec lui que par la guerre \ les relations commerciales sont peu de chose.
Les anciens ont eu au plus haut degré le sentiment, la religion de la cité ^ ils ont presque complètement ignoré le sentiment de l'humanité, soit qu'on entende par là cette grande famille humaine à laquelle nous appartenons tous et dont la patrie n'est qu'une fraction , ou bien cette pitié tendre que nous inspirent les maux d'autrui. Us étaient sensibles aux malheurs de la patrie, aux infortunes de leurs concitoyens; quant aux étrangers, ils n'étaient quelque chose pour eux qu'à l'état de vaincus réduits en esclavage. Ceux-ci étaient plus ou moins durement traités, suivant le caractère du maître*, mais l'humanité proprement dite n'y était pour rien, et les lois romaines qui interdirent au maître des traitements trop rigoureux envers leurs esclaves se basaient sur ce que l'esclave est un capital, une valeur qu'il faut ménager.
Dans la cité, il n'y a que des citoyens. Si quelques rares