‹ Le droit français, ses règles fondamentalesChapitre 67 sur 244 · CHAPITRE XXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXVI

importaAge de la famille au point de vue moral, économique, social et politique.

L'enfant vient de naître et de recevoir, en même temps que l'existence physique, une âme immortelle, dans laquelle, ainsi qu'en un champ où peuvent croître des plantes salutaires ou vénéneuses, sont déposés les germes du bien et du mal. Qui développera les premiers et étouffera les seconds? Est-ce sérieusement qu'on a parlé d'arracher l'enfant à sa famille pour le faire élever par TÉtat? Je comprends, à la rigueur, l'État donnant l'instruction *, mais il s'agit ici avant tout de la première enfance et de son éducation morale. Il n'est pas question d'un enseignement proprement dit, de théories sur le bien et sur le mal ^ il faut que quelqu'un soit près de Teufant qui lui dise : Voilà qui est bien, voilà qui est mal ^ il faut faire ceci, il ne faut pas faire cela. La crainte du Seigneur, est-il écrit, est le commencement de la sagesse ; il est encore plus vrai de dire que la crainte de déplaire à son père et à sa mère est, chez l'enfant, le premier principe de morale, celui qu'il saisit tout d'abord. D'ailleurs, qu'est-ce que l'État? C'est un être fictif qui ne peut agir que par des délégués, et si vous lui confiez l'enfant, il faudra bien que lui-même le remette à quelqu'un. Or, ces délégués sont tout trouvés, ce sont le père et la'mère, offrant plus de garanties qu'on n'en saurait trouver dans le choix plus ou moins intelligent fait par cette personne irresponsable qu'on appelle l'État.

Mais, dit-on, la tendresse du père et de la mère peut être aveugle -, ils pourront donner k leurs enfants, avec de mauvais préceptes, des exemples plus pernicieux encore. Gela est possible; mais c'est, en somme, l'exception^ et d'ailleurs

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