‹ Le droit français, ses règles fondamentalesChapitre 70 sur 244 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

représenter le côté si important de la vie matérielle, l'économie, la conservation, l'épargne; c'est anssi dans les familles riches. Le maniement d'une grande fortune est encore plus délicat que celui d'un humble revenu -, les entraînements 7 sont plus à craindre ^ et faute d'une sage administration, l'opulence est souvent plus près de la ruine et de la misère qne la médiocrité.

Pour qui travaille-t-on ? Pour la famille. Qui n'a entendu cent fois ce propos : J'en ai bien assez pour «moi.... si je n'avais pas d'enfants, je ne travaillerais plus t Mais la famille, les enfants sont Ik, et on continuel travailler, k produire, à épargner, et la société profite de ce travail, de cette épargne, voit le capital social s'accroître.

Sans doute les nécessités de la vie, le développement de l'industrie, qui a substitué la manufacture au travail domestique, ne forcent que trop souvent la femme à q^iitter la maison pour l'usine; les enfants aussi quittent trop tôt la mère et l'école pour l'atelier. Qui n'a gémi de cette dislocation delà famille? Que d'efforts tentés pour y porter remède !

Le travail de l'atelier domestique n'a pourtant pas disparu partout^ certaines industries l'alimentent encore, le tissage, par exemple. Le fabricant distribue la matière première aux tisserands répandus dans la banlieue, lesquels confectionnent le produit chez eux, entourés de leurs femmes et de lenrs enfsmts. Combien il est plus facile, dans ces conditions, de se contenter d'un salaire moindre f Et puis, ces travailleurs isolés sont plus loin du cabaret qui recherche naturellement les populations agglomérées. C'est un fait certain, qu^il est difficile de soutenir la concurrence avec un pays qui a pw conserver, avec les perfectionnements qu'elle n'exclut pas absolunwnt, cette forme primitire de la production, le travail en famille.

Le mariage soulève une des questions les plus dâtcates,

également importante au double point de vue moral, économique et politique : la question de la population. Je dois sinon la traiter avec les développements qu'elle comporte, du moins la poser ici.

L'homme et la femme qui se marient espèrent avoir des enfants:. est-il k souhaiter qu'ils en aient le plus possible? Une population nombreuse est pour un pays une condition nécessaire de prospérité, de force et de grandeur : ce pays doit-il désirer voir sa population augmenter indéfiniment? Faut-il, en un mot, tant au point de vue particulier de la famille qu'au point de vue de l'État et de la société, prendre à la lettre le Croisses et muUipliez de l'Écriture ? Certes, cette parole s'adressant au premier couple d'où devait sortir la race humaine se comprend de reste. Encore aujourd'hui il il y a de vastes espaces qui manquent d'habitants, en appellent des quatre coins du monde, et un publiciste distingué de l'Amérique du Sud a pu dire avec raison : Notre plus grand ennemù c*est le désert; pour nous^ civiliser c*est avant tout peupler.

Mais la question doit évidemment se poser autrement. Voici un pays où une population considérable vit plus ou moins k l'aise, mais déjà au prix d'un travail opiniâtre. Cette population augmente, et il est certain que cet accroissement serait encore plus rapide, si divers fléaux, la maladie, le vice, la guerre, n'y faisaient obstacle. Pour subvenir aux besoins decette population qui, enprincipe, peut toujours s'accroître, l'industrie fait merveille-, une agriculture perfectionnée arrache k la terre des subsistances toujours plus abondantes -, mais n'arrivera-t-il pas un moment où l'équilibre sera détruit? La fertilité de la terre n'a-t-elle pas des limites , et peut-on admettre que les moyens d'existence augmenteront indéfiniment suivant la même progression que la population?

A ces questions, il faut le reconnaître, on a fait des réponses diverses.

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