CHAPITRE XXVII
TRANSITION DE LA FAMILLE A LA PROPRIÉTÉ. — POSITION DE LA QUESTION. — DIVISION DU SUJET.
La transition de la famille k la propriété est toute naturelle : la propriété est, avec la famille, le fondement essentiel de la société. S'il est vrai, comme nous Tavons démontré, que la société n'est pas une collection d'individus vivant dans un état d'isolement farouche, mais un ensemble de familles ayant une assiette plus ou moins fixe, entretenant les unes avec les autres des rapports réguliers^ la famille, k son tour, ne se conçoit pas sans un patrimoine k elle, sans quelques biens qui lui appartiennent en propre, sans cette distinction entre le tien et le mien si conforme à tous les intérêts de Thomme. Je prie le lecteur de vouloir bien se reporter k ce qui a été dit dans les chapitres vu et xiv et k ce qui ei^t dit plus bas dans le chapitre xliii. J'ai essayé, dans ces trois chapitres, en me plaçant k des points de vue différents, d'esquisser k grands traits le mouvement économique au sein de la société humaine, mouvement qui se résume dans ces deux mots : travail et échange^ et qui est basé sur la propriété; car on ne travaille que pour acquérir quelque chose dont on est propriétaire et qu'on échange contre ce que d'autres ont produit et leur appartient au même titre.