‹ Le droit international codifié (volume 2)Chapitre 9 sur 309 · XII PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

XII PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

demeuré longtemps stationnaire, subit tout à coup l'influence des progrès réalisés dans la fabrication du fer et dans l'industrie des machines ; voici que la portée des projectiles s'allonge jusqu'à 5,000, 6,000 mètres et davantage. Qu'advientil alors des servitudes ? De deux choses l'une : ou il faut sacrifier les nécessités de la défense aux intérêts de la population civile en s'abstenant d'allonger le rayon des servitudes jusqu'à la nouvelle portée des projectiles, ou bien il faut se résigner à sacrifier le développement naturel des foyers de population et d'industrie en faisant le désert autour d'eux. (Test en présence de ce dilemme que l'on se trouve placé aujourd'hui. La question est demeurée sans solution, au double dommage des intérêts militaires et des intérêts civils : on en est resté à l'ancien rayon, qui ne satisfait ni les uns ni les autres ; mais le jour où l'on voudra sérieusement la résoudre, ne s'apercevra-t-on pas qu'elle est pratiquement insoluble autrement que par la séparation des choses de la paix d'avec celles de la guerre, c'est-à-dire par la spécialisation des forteresses? Déjà cette division du travail est en voie d'accomplissement dans la région maritime : sauf de rares exceptions, les grands ports de commerce sont aujourd'hui des villes ouvertes, tandis que les ports militaires sont principalement, sinon exclusivement, des places de guerre. Ce progrès ne peut manquer de recevoir des applications plus nombreuses, à mesure que l'expérience en démontrera mieux la nécessité. Alors il deviendra possible d'exempter, conformément aux desiderata du droit des gens, la population civile des maux immédiats et des sévices brutaux de la guerre. N'est-ce pas bien assez pour elle d'être obligée d'en supporter les frais ?

Malheureusement, le progrès dont nous parlons n'est en-

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