‹ Le droit international codifié (volume 2)Chapitre 24 sur 309 · PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XXVII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION. XXVII

dustrie accessibles à tous. L'étranger n est plus un ennemi, comme dans l'antiquité, un serf, comme dans le moyen âge, un aubain, comme au dernier siècle ; c est un hôte à qui Ton reconnaît tous les droits civils et qu'on accueille en ami.

C'est la guerre circonscrite entre les belligérants ou, mieux encore, entre les deux armées. « Entre deux ou plusieurs nations belligérantes, les particuliers dont ces nations se composent ne sont ennemis que par accident ; ils ne le sont point comme hommes ; ils ne le sont pas même comme citoyens : ils le sont uniquement comme soldats. » Ces paroles, que Portalis prononçait en l'an VIII en installant le Conseil des Prises, sont aujourd'hui reçues dans leur plus large acception, comme une règle de droit international. Il n'y a pas un siècle que Bonaparte, descendant les Alpes, montrait à ses soldats affamés l'Italie comme une proie à partager, et qu'il envoyait triomphalement en France les dépouilles des églises et des musées ; aujourd'hui .qui donc oserait proclamer que la guerre doit nourrir la guerre ? Qui ne serait regardé comme un barbare, si, au nom de la victoire, il pillait des temples et des palais ?

Ce n'est pas seulement la guerre continentale qui s'est adoucie. Au nom du genre humain, les publicistes et les jurisconsultes ont revendiqué la mer, comme le commun patrimoine des nations, et ils en ont renouvelé la police. Nonseulement ils ont fait prévaloir le principe que le pavillon couvre la marchandise, et que la marchandise neutre n'est pas saisissable même sous pavillon ennemi, mais encore ils ont à peu près obtenu l'abolition de la course. Le congrès tenu à Paris, en 1856, a eu la gloire de faire entrer ces principes dans la loi des nations. Si les États-Unis seuls résistent encore à l'abolition de la course, c'est qu'ils veulent obtenir

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