‹ Le droit international codifié (volume 2)Chapitre 7 sur 309 · X PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION · texte numérisé non relu

X PRÉFACE DE LA DEUXIÈME ÉDITION

grès, ceux de Fart militaire impliquent une division du travail et une spécialisation de plus en plus étendues et complètes.

Lorsqu'on opère, comme aujourd'hui, au moyen de masses armées savamment organisées et fortement disciplinées, ayant à leur service des approvisionnements immenses, sans lesquels la rapidité et la sûreté des mouvements ne pourraient être obtenues, disposant enfin d'un matériel d'une puissance énorme, il n'y a évidemment qu'un moyen efficace d'entamer ces masses formidables : c'est de leur opposer d'autres masses, organisées, armées et approvisionnées d'une manière analogue. En invitant ou en obligeant la population civile, qui ne sait rien des choses de la guerre, à se mêler à ces luttes colossales, on ne peut qu'attirer sur elle les maux les plus cruels, sans obtenir de son intervention un secours appréciable. Il n'est pas déraisonnable de prétendre même qu'en exposant à la destruction et à la ruine cette masse, occupée des travaux productifs qui créent la richesse publique, on affaiblit, presque sans compensation, la puissance et les ressources de l'État, et on le rend ainsi moins propre à soutenir la guerre.

D'un autre côté, l'accroissement de la puissance du matériel de guerre agit pour séparer les foyers de la défense de ceux du commerce et de l'industrie. Qu'une grande ville, où la richesse et tous les arts de la civilisation sont concentrés, demeure ouverte, les personnes et les propriétés y seront protégées par les lois de la guerre, aujourd'hui acceptées par la généralité des peuples civilisés. Tout au plus l'ennemi serat-il autorisé à la soumettre à des réquisitions, en cas de nécessité urgente. Que cette même ville soit, au contraire, entourée de remparts et de forts, aussitôt sa situation change :

Page 1