‹ Le droit international codifiéChapitre 19 sur 330 · XXVI NOTICE SDR M. BLUNTSCHLI · texte numérisé non relu

XXVI NOTICE SDR M. BLUNTSCHLI

Je ne suivrai pas M. Bluntschli dans le détail de sa carrière politique badoise et allemande. Je me bornerai à mentionner quelques faits. Le grand-duc ne tarda pas à l'appeler à la Première chambre. Plus tard, il fut membre et vice-président de la Seconde. Il a exercé une grande influence sur la législation ; plusieurs projets de loi ont été élaborés par lui, ainsi celui de la loi sur la responsabilité des ministres et celui de la loi sur la régence. Partisan de l'unité allemande et de l'hégémonie prussienne, il fut l'un des organisateurs du congrès des députés [Abgeordnetentag^ 1862) et fit partie du comité de propagande légale en faveur du Schleswig-Holstein. Un moment, en 1866, sa situation parut compromise dans le grand-duché, mais son autorité n'en fut que plus grande après la guerre. Il fut député au parlement douanier (1867), et refusa de se laisser porter au Reichstag (1871).

Membre zélé du synode badois, il en a été le président pendant plusieurs sessions et l'était encore au moment de sa mort. L'Église protestante, sa constitution et son administration l'intéressaient vivement ; il voulait l'union de l'Église et de l'État, mais avec liberté et respect mutuel. Sans être orthodoxe selon la doctrine de Calvin, de Luther ou de Zwingle, il a proclamé maintes fois son attachement aux principes fondamentaux du christianisme.

En même temps, et ce fait n'a rien d'anormal en Aile-

NOTICE SUR M. BLL'NTSCHLI XXVII

magne, il était un adepte zélé de la franc-maçonnerie,, où il a revêtu la dignité très élevée de grand-maître de l'alliance de l'Allemagne méridionale.

Il a toujours défendu la liberté religieuse. En 1845, alors qu'il présidait le grand conseil de Zurich, il avait flétri publiquement les violences que le gouvernement radical du canton de Vaud exerçait contre les séparatistes ; en 1864, il fonda, de concert avec M. de Holtzendorff, Y Association protestante (protestantenverein) , dont le but est aussi de sauvegarder la liberté. Il en est resté jusqu'à sa fin le plus ferme soutien ; encore dans la dernière année de sa vie, il a protesté, dans la session de Berlin, contre l'intolérance qui semble regagner du terrain dans l'Église nationale de Prusse. Les Jésuites lui inspiraient de graves appréhensions, surtout depuis ses expériences de Suisse; il s'est prononcé plus d'une fois sur leur compte, entre autres en 1872 (Opuscules, t. II, p. 181-235). Peut-être s'est-il laissé entraîner un moment un peu trop loin par le Gulturkampf; jamais cependant on ne l'a vu sectaire ni fanatique ; jamais il n'a méconnu chez ses adversaires les droits sacrés de la conscience.

Est-il besoin de dire qu'il désapprouvait le mouvement antisémitique, maladie politique d'ailleurs, non religieuse? Dans l'avis concernant la Roumanie, il a plaidé pour l'émancipation des Juifs.

Son activité dans tous les sens ne s'arrêtait point aux limites de l'Allemagne.

Il répondit avec un joyeux empressement à l'appel de la Suisse qui préparait un code général des obligations et du commerce; il y a travaillé de 1877 à 1880, et ses collaborateurs n'oublieront jamais sa facilité de rédac-

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