VIH NOTICE SUR M. BLUNTSCHLI
dont Bluntschli ne tarda pas à devenir l'ami. Ferdinand Meyer, qui est mort prématurément en 1840, faisait le cours de droit public suisse, non seulement en homme de science, mais aussi en homme d'État1. Frédéric-Louis Keller, déjà connu pour l'un des élèves les plus distingués de Savigny, traitait le droit romain selon l'esprit du maître, maïs sans aucune servilité et en y imprimant son cachet personnel. M. Bluntschli a reconnu dans la suite qu'il devait son développement politique à Meyer et son développement juridique à Keller. Il subissait à cette époque l'attrait puissant du droit civil de Rome qu'il abandonna plus tard pour le droit allemand, plus conforme, semble-t-il, à la tournure de son esprit. En Allemagne, où il se rendit en 1827, il fut reçu dans l'intimité de Savigny, de Hasse, de Niebuhr; un essai sur Tune des matières ardues du droit de succession romain lui valut le prix de Berlin et lui servit de thèse inaugurale à Bonn 2, où il fit son examen de docteur en 1829.
Un séjour à Paris couronna ces fortes études. Puis le jeune docteur revint à Zurich occuper l'emploi de secrétaire du gouvernement pour le contentieux de l'administration.
On était en 1830. Les esprits fermentaient. Partout s'annonçait une ère nouvelle. Quelques jeunes gens, entre autres Keller et Meyer, s'étaient groupés pour agir en commun dans un sens libéral. M. Bluntschli se joignit à eux ; dans un mémoire qu'il composa alors, il se déclara partisan de réformes graduelles, mais ennemi de toute action révolutionnaire; il réclame une sollicitude plus grande pour les choses de l'intelligence, une justice
1 A. d'Orelli, Rechtsachulen und Rechtslitteratur in der Schweiz, p. 56-57. * Erbfolge gegen den lelsten Willen. Bonn, 1829.