LIVRE II. — LES PERSONNES EN DROIT INTERNATIONAL
la Porte Ottomane, étaient sous le protectorat des puissances européennes.
2. Dans une situation absolument anormale sont la Bosnie et l'Herzégovine; ces anciennes provinces turques sont, a teneur des résolutions du congrès de Berlin, administrées par l'Autriche-Hongrie, avec l'assentiment de la Porte, sans que la souveraineté du sultan ait été formellement abolie, mais de telle sorte cependant qu'en réalité cette souveraineté n'a plus d'effets. — Au fond, ce sont là des pays d'Empire appartenant à la couronne d'Autriche-Hongrie, mais dont la cession n'est pas encore complète.
3. Les protectorats sont maintenant à la mode comme une forme nouvelle de la politique coloniale (Protectorat de la France en Tunisie, 1886, et à Madagascar, 1894). Voir ci-après, art. 80.
Les colonies, quoique dépendant politiquement de la métropole, peuvent cependant avoir un certain degré d'indépendance, et Taire certains actes rentrant dans le domaine du droit international.
1. Le grand éloignement des colonies d'outre mer rend souvent désirable, dans l'intérêt même de celles-ci, qu'elles aient un gouvernement spécial et jouissent d'une représentation distincte. Quoique, à l'origine, la mère patrie soit seule le siège de la souveraineté, le développement de la colonie exige une plus grande liberté de mouvements. C'est par ce moyen que les colonies arrivent à avoir une vie propre et à s'ériger même en états souverains. L'histoire de l'Amérique est très instructive sous ce rapport. Comme exemple de bonne politique coloniale, nous pouvons citer la conduite actuelle de l'Angleterre depuis les réformes de lord Durham (1836) au Canada et en Australie.
Le Canada a conclu, en 1894, un arrangement commercial avec la France.
On doit ranger sur la même ligne que les colonies certains pays qui sont en quelque sorte les dépendances d'un autre état.
i. Lorsqu'un pays est la dépendance d'un état étranger, il est important de savoir si la population de ce pays est capable de veiller elle-même à ses intérêts, et si elle le fera sans léser les intérêts de l'état principal. Si les habitants sont incapables ou hostiles, on ne leur accorde aucune indépendance, et on confie l'administration du pays à des colons appartenant à la nation dominatrice. Comme ces pays sont le plus souvent des conquêtes (les Indes orientales conquises par les Anglais, l'Algérie par la France), il est souvent plus difficile que dans les pays coloniaux de leur accorder une certaine indépendance.