‹ Le droit international: La guerreChapitre 17 sur 32 · L ADOUCI S9BIIBNT DES LOIS · texte numérisé non relu

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poser, en cas de prise, à tement que celui des simple le rôle de l'ennemi d'être ] tes tes surprises militaires, tenir en garde contre les ai individus qui s'introduiraie sous un déguisement. »

L'horreur toute particuli sassinat commença de se après la Réforme. Sans doi Guillaume d'Orange, où lei plus que soupçonnés d'avoi provoqua les dénonciation ce crime est depuis l'objet à craindre , bien entendu , tique y recourir, lorsque li arrive parfois , semble dé de la vie d'un seul homme, ou grand stratégiste. Tell de Guillaume d'Orange aux mis catholiques. Mais on t qu'un sentiment nouveau s l'intervalle, depuis les g jusqu'à la guerre ta plus gleterre se soit jamais enga vains citent avec ta plus conduite de M. Fox, tors

secrétariat des AâPaires étrangères. On lui avait communiqué un projet séduisant pour assassiner Napoléon ; mais il le révéla sur-le-champ à Paris, en informant TËmpereur du dang«* qui le menaçait. L'opinion se prononça avec une si remarquable unanimité en faveur de ce procédé du secrétaire d'Etat anglais, et ce sentiment paraît si loin de s'affaiblir, que nous pouvons, je crois, déclarer en toute confiance avec Tauteur de notre Manuel, que l'assassinat est décidément contraire aux usages de la guerre*

Il continue comme suit : « A l'exception des moyens énumérés ci-dessus comme prohibés, — - tout engin de destruction, soit visible, soit caché, — d'eflFet restreint ou étendu, — obus de tout poids, torpille, mine, et autre de même nature, peut s'employer légitimement contre tout ennemi ; et, vu la légitimité de son emploi, il n'existe aucune raison pour refuser quartier aux officiers et soldats chargés de le manier, ou pour les traiter avec plus de rigueur que les autres combattants. Un commandant, animé de sentiments humains, s'efiforcera, sans doute, de veiller, autant que le comportent les exigences de la guerre , à ce que l'explosion d'une mine ou d'une torpille ne s'étende pas

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au delà des combattants; mais on ne saurait établir aucune règle pratique à cet égard. Le principe général est que, dans la poursuite d'une guerre , on doit éviter de faire à Tennemi plus de mal que ne Texige le strict nécessaire pour le réduire à merci. Ce principe exclut toutes les barbaries gratuites, ainsi que les cruautés et les insultes qui ne servent qu'à exaspérer les souffrances ou attiser la haine de Tennemi, sans amoindrir ses forces et sans aider à procurer sa soumission. »

Je dois ajouter , à propos des passages de ce Manuel qui nous occupent, que Tun des plus curieux chapitres de Thistoire de Tarmement militaire est Tantipathie violente que certaines inventions d'engins belliqueux ont provoquée de tout temps, avec les efforts réitérés auxquels on s'est livré pour les mettre hors d'usage, en refusant quartier aux soldats qui les maniaient. L'arme la plus impopulaire, la plus exécrée, était jadis l'arbalète , œuvre d'une science vraiment ingénieuse. L'arbalète fut anathématisée en 1139 par le Concile de Latran qui n'hésita pas à condamner artem illam mortiferam et Deo odibUem. L'anathème ne manqua pas son effet.

Bien des princes cessèrent d'armer leurs soldats d'arbalètes; et l'on assure que la mort de

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Richard I*' d'Angleterre, tué par un carreau d'arbalète, après qu'il en eut ressuscité l'usage, fut considérée dans une grande partie de l'Europe comme un jugement du ciel. Il paraît très certain que la condamnation de cette arme par le Concile de Latran contribua beaucoup au maintien de l'arme ancienne, — l'arc proprement dit, — dans l'armée anglaise , et facilita le succès des Anglais dans leurs guerres contre la France. Mais l'arbalète aussi bien que l'arc furent bientôt mis hors d'emploi par l'arquebuse, qui n'est en réalité qu'une forme diminutive et très perfectionnée du canon que l'on employait antérieurement contre les murs d'enceinte. Pendant deux ou trois siècles, tous les arquebusiers furent traités avec une rigueur extrême, et avec ce qui nous semblerait aujourd'hui une extrême injustice. Le chevalier Bayard se croyait en conscience tenu d'ordonner l'exécution sans phrase de tous les arquebusiers qui lui tombaient sous la main. Il affirmait expressément qu'à ses yeux Tintroduction des armes à feu constituait une innovation déloyale dans les traditions des guerres régulières. On protesta tout aussi vivement, au début, contre le boulet rouge. Et, pendant longtemps, il fut regardé comme très douteux que les soldats

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d'infanterie armés du mousquet eussent < recevoir quartier. Le maréchal de Mo qui nous a laissé des Mémoires, décli termes formels que, de son temps, Tusag de n'épargner aucun mousquetaire.

L^histoire de la baïonnette nVst guère étrange. Sans doute , elle doit se rat d'une façon quelconque à la ville de Ba; Mais les récits qui cii'culent d'ordinaire :

découverte et sur ses débuts ont l'air de légendes. Aucune invention n'a plus au caractère destructeur de la guerre baïonnette , transformant le mousquet instrument qui réunit à la fois la lance et '. à feu. Le trait curieux est que, malgré ( fût déjà connue , elle soit restée si long sans emploi. Ce fut, dit-on, le Grand Fr qui, le premier, Tutilisa d'une façon généi même universelle dans son armée. Il est j ble que la crainte d'exposer l'infanterie a fus de quartier, si elle devenait prisonniè naître cette hésitation à s'en servir. Dans mée anglaise, nous avons conservé un soi de la répulsion qu'éveillaient certaines ai devant les usages de la guerre^ dans l'uni vert de notre brigade de carabiniers (Ri/l gade) ■ Il paraît que l'on se demanda longi

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si les fantassins armés de la carabine, sous sa première forme, devaient avoir la vie sauve lorsqu'ils seraient faits prisonniers ; et Ton se figurait, — très à tort, nous affirme-ton maintenant, — que Tuniforme vert, appelé pour la première fois sur le terrain , à travers le feuillage des oliviers d'Espagne et de Portugal, offrait une protection plus sûre que les vêtements de toute autre couleur à plus longue distance.

Si Ton réfléchit à cette aversion prolongée contre les inventions nouvelles et destructives, on s'étonnera peut-être que les mines et les torpilles, notamment la torpille actuelle, n'aient pas rencontré un accueil plus maussade. Mais le motif pour lequel on n'a pas essayé, comme autrefois , de mettre hors la loi les armes spéciales qui aurait encore chance de voir le jour, est que, dès l'abord, tous les arts, surtout l'art destructif , doivent vraisemblablement subir désormais des progrès rapides. Nous ne connaissons plus de limite au pouvoir de détruire la vie humaine ^ et , maintenant que Textension de l'aire soumise à ce pouvoir a commencé de devenir l'œuvre d'une classe professionnelle, il nous est impossible de prédire à quelle distance, ou pendant combien de temps, son domaine peut continuer de s'accroître. L'in-

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yention procède si vite que Ton peut à peine signaler ou stigmatiser telle de ses formes qui semblerait particulièrement critiquable. D'autre part, c'est une satisfaction plus vive de penser que les guerres sont devenues , somme toute , moins fréquentes et plus courtes en même temps. Aussi, les occasions d'observer au large les destructions cruelles qu'opèrent les plus effroyables de ces inventions militaires, sontelles devenues plus rares qu'autrefois.

Je dois dire pourtant quelque chose de l'histoire des torpilles, qui absorbent aujourd'hui une si grande part d'attention. Je puis remarquer que, lors de sa première découverte, la torpille fut reçue avec un sentiment d'abomination complète. Elle fit d'abord son apparition pendant la guerre entre les colonies insurgées, représentées aujourd'hui par les Etats-Unis, et leur métropole. On la désignait alors sous le nom de « Tortue d'Amérique. » Les essais pour la perfectionner se multiplièrent pendant la lutte entre la France et l'Angleterre, alors que Napoléon et son armée étaient à la veille de fondre sur nos côtes. L'idée de se servir d'un ressort d'horlogerie pour la faire éclater existait déjà. Mais la paix de 1814 mit fin, pour le le moment, à ce genre de recherches j et il

s'écoula beaucoup de temps avant que le monde entendit parler du « catamaran, » qui Tut le second nom dont on baptisa la torpille.

Les époques de progrès humanitaire et de codiflcation réfléchie qui méritent de s'associer au nom de l'Empereur de Russie, Alexandre II, sont : ~ la Convention de Genève relative aux blessés, et à laquelle ont adhéré toutes les puissances européennes durant les années 1864, 1865 et 1866; la Déclaration de Saint-Pétersbourg en 1868; enfin, la Conférence de Bruxelles qui a rempli la plus grande partie de l'année 1874. Pour les résultats de ces deux dernières, je ne puis que vous renvoyer à l'excellente publication de Halleck (1).

(l) [InLcrnational LaWf or Rules regulaling thc Jniercoursc of

[ States in Peace and War, nouvelle édition par Sir Sherston

, Baker. Londres, 1878.;

Dans ma dernière ses de l'antipathie q vieux temps, les noi les motifs de la rigu les soldats chargés * Manuel à l'usage c que je prends ici po mes suivants, la règ nouvelles inventions

« A l'exception de sus comme prohibés soit visible , soit cac étendu, — obus de et autre de même i légitimement contre mité de son emploi.

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pour refuser quartier aux officiers et soldats chargés de le manier , ou pour les traiter avec plus de rigueur que les autres combattants. » Les moyens énumérés ci-dessus comme prohibés sont Tempoisonnement des sources et des vivres, l'assassinat et l'emploi de balles explosives au-dessous d'un certain poids. On ajoute qu' « un commandant, animé de sentiments humains, s'efforcera de veiller, autant que le comportent les exigences de la guerre, à ce que l'explosion d'une mine ou d'une torpille ne s'étende pas au delà des combattants; mais on ne saurait établir aucune règle pratique à cet égard. »

La dernière circonstance où l'on ait employé des mines d'une portée et d'une force destructive très supérieures à l'objet immédiat qu'il s'agissait d'atteindre, n'a pas attiré grande attention en Europe, à cause de l'éloignement de la localité où l'explosion s'est produite. Voici pourtant comment les choses s'étaient passées. Pendant l'avance des armées russes à travers les pays tartares, vers la frontière d'Afghanistan, un général bien connu, adoré, respecté de ses troupes, — le général Skobeleff, — avait trouvé sa marche entravée par une fortification solide, élevée par une grande tribu tartare. C'était la forteresse des AkhalTekkés, énorme construction

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