LES LOIS ACTUELLES DE LA GUEBHE
de briques cuites ou séchées au soleil. Il aurait fallu perdre beaucoup de temps et de saug pour Tattaquer suivant Tune quelconque des règles de Fart. Il paraît d^ailleurs que la tribu à laquelle on devait Térection de cette forteresse n'avait aucune idée d'une mine; et Skobelefi dépensa plusieurs semaines sous ses murs à creuser des galeries d'une profondeur exceptionnelle. A la fin, sans que les assiégés soupçonnassent qu'on pût les attaquer d'une manière qu'ils n'avaient point prévue, les mines firent explosion ; et la majeure partie de l'enceinte, y compris quantité de personnes à l'intérieur, furent broyées du coup [14 janvier 1880] . Les assiégeants vainqueurs traitèrent assez rudement le reste de la tribu , dont il n'échappa qu'une fraction minime. Il est triste dépenser que cet exemple de rigueur stratégique nous vienne d'un officier au service de la puissance qui a le plus travaillé, — ce n'est que justice de le reconnaître , — à l'adoucissement des horreurs de la guerre. Skobeleffse défendit en prétextant qu'il avait plutôt fait preuve de véritable humanité , que de brutalité répréhensible ; et que d'aucune autre façon on n'eût pu réduire une tribu non seulement très à craindre en temps de guerre, mais qui avait fort contribué, pour sa part, à retarder même la pacifl-
cation momentanée du pays. Quoi quMl en soit, dans toutes les opérations de guerre poursuivies sous les yeux des gens civilisés, qui les contrôlent au moyen de la presse et du télégraphe, Tusage est sans doute, comme le disent nos manuels, qu'un « commandant animé de sentiments humains, s'efforcera de veiller, autant que le comportent les exigences de la guerre, à ce que l'explosion d'une mine ou d'une torpille ne s'étende pas au delà des combattants. Mais on ne saurait, » est-il ajouté par manière de précaution , « établir aucune règle pratique à cet égard. Le principe général )> — et tous les auteurs concluent en ce sens — a est que, dans la poursuite d'une guerre, on doit éviter de faire à l'ennemi plus de mal que ne Texige le strict nécessaire pour le réduire à merci. Ce principe exclut toutes les barbaries gratuites , ainsi que les cruautés et les insultes qui ne servent qu'à exaspérer les souffrances ou attiser la haine de l'ennemi , sans amoindrir ses forces et sans aider à procurer sa soumission. >>
Une question fort intéressante pour nous serait précisément de savoir si, dans l'histoire future de la guerre, il reste quelque chance de voir jamais proscrire une arme nouvelle par pur sentiment d'horreur ou de répulsion, comme il