‹ Le droit international: La guerreChapitre 20 sur 32 · LES LOIS ACTUELLES DE LA GDERBB · texte numérisé non relu

LES LOIS ACTUELLES DE LA GDERBB

espions, » il entendait ceux qui prétendent servir, en outre, le côté quMls trahissent; par (( espions de conséquence, » il visait les officiers de hussards dont il avait trouvé les services fort utiles dans le cas particulier d^une campagne contre l'Autriche. Lorsqu'il ne pouvait se procurer des espions chez les Autrichiens , par suite de la garde vigilante que leurs troupes légères montaient autour du camp, il met« tait à profit, non sans succès, l'idée qui lui était un jour venue d'utiliser la suspension d'armes habituelle après une escarmouche entre hussards^ pour faire de ses officiers le canal d'une correspondance épistolaire avec les officiers de l'autre bord. — Il expliquait comme suit le cas des espions « par violence. » Lorsque vous souhaitez envoyer des renseignements faux à l'ennemi, vous choisissez un soldat sur lequel vous puissiez compter, et vous l'obligez de passer dans le camp adverse pour y répandre tout ce que vous désirez faire croire à l'ennemi. Vous pouvez envoyer aussi, par son intermédiaire, des lettres pour fomenter des troubles et provoquer la désertion. Et, dans le cas où il vous serait impossible d'obtenir des renseignement^ sur l'ennemi , Frédéric prescrit la recette suivante : Prenez un gros bourgeois qui ait femme.

enfant et maison; puis un autre individu qu'oa déguise pour lui servir de valet ou de cocher ^ et qui sache la langue du pays. Forcez le premier d'emmener avec lui le second dans le camp de Tennemi, sous prétexte de se plaindre des violences qu^on lui aurait fait souffrir; et menacez-le, s'il ne ramène pas votre homme après une assez longue station pour atteindre le but qu'on se propose, de pendre sa femme, ses enfants, et de brûler sa maison. — Je me suis trouvé contraint moi-même, ajoute-t-il, de recourir à cette méthode, et elle m'a parfaitement réussi (1). — On n'a jamais eu lieu de célébrer l'humanité et la bonne foi du Grand Frédéric ; mais nous pouvons apprendre ce qui survit aujourd'hui de ses Principes, dans le (( Carnet de Poche du Soldat, » rédigé par Lord Wolseley (2). « La meilleure manière, » insinue ce dernier, « d'envoyer un espion, est d'ex-

(1) [Principes Généraux de la Guerre Appliqués à la Tactique et d la Discipline de V Armée Prussienne (janvier 1753). — Cf. Œuvres de Frédéric-lc-Grand, Berlin, IlodoIi)hc Decker, 1856, t. XXVIIl, pp. 40-47; et, pour la traduction allemande quelque peu différente, Militdrische Klassiker des In-und Auslandes, Erstes Heft. Al. Taysen. Berlin, 1882. —Il convient d'ajouter que Frédéric lui-même trouve « dur et cruel, » T « expédient » dont il s'agit. J

(D [Soldicr's Pocket'Book, Londres, iMacmillan, 1885.]

pëdier un paysan muni d'une h pelure, que Fou puisse rouler a:

!a glisser dans un tuyau de pi ' et demi de long^ après quoi Toii précieux, soit dans les cheveu soit dans un creux ménagé au bc C'est également un bon système respondance secrète avec du ju travers d'un journal ou sur les ] veau Testament. Elle se trouve contre les indiscrétions, etseran à lire pour peu qu^on j'expose s l'approche d'un fer rouge. — E pie, » ajoute Lord Wolseley, -< :

nationale nous enseigne à regar opprobre de réussir par tricl d'espion comporte un sens presqi que celui d'esclave. Nous coni fouiller avec conviction , que » est la meilleure des politiqut vérité finit toujours par Tempor des sentiments qui font merif album de salon; mais rbomm< agir en conséquence fera bien d< épée une fois pour toutes. »

L*un des plus importants suji les nouveaux manuels, est la ]

800 LB DROIT irrrBRifATIONAL. — LA 6UBBRB.

de rennemi. L^ennemi, nous déclare-t-on tout d'abord, se compose des forces en armes et de la population sans armes. La première règle de la guerre est que Ton peut détruire les forces en armes tant qu'elles résistent, et par tous les moyens légitimes. Mais le droit de tuer Thomma sous les armes ne dure qu'autant quMl résiste. Dès quMl se soumet, il a le droit d'être traité comme prisonnier militaire. On ne devrait jamais refuser quartier aux gens qui se rendent, à moins qu'ils se soient rendus coupables d'une violation des usages de la guerre, qui les exposerait d'elle-même à la peine de mort. Et, dans ce cas , il faudrait autant que possible les faire prisonniers et les mettre en jugement avant de les exécuter, parce qu'il est rare qu'un combattant soit dans le cas justifiable de prendre en main la défense de la loi contre un ennemi sans résistance. Vous nïgnorez pas, j'imagine , pour la plupart, xjue, sous cette forme générale, le principe est tout moderne. Vous avez presque tous appris , pendant votre enfance , des anecdotes émouvantes qui remontent à nos guerres de succession contre la France, où l'on refusait quartier à des garnisons qui venaient de se rendre. Plus d'un parmi vous se rappelle l'histoire des six bourgeois de Calais racontée par Frois-

de lev

mé réi qtf Lo

Stî]

poi Ti« mé

Ma poi leu dui le:

et cM mé dél doi ira

était immédiatement pendu à un arbre, hors les murs de la ville. — Sans doute, cette rigueur provenait en bonne part de Tbabitude que Ton avait alors de traiter impitoyablement toute force qui résistait à une attaque ^ sans la moindre chance de succès. Et c'est ainsi que Ton expliquait les traits de barbarie qui accompagnaient les assauts et les sièges. Mais il ne faut pas oublier qu'il s'y joignait, à l'époque de ces guerres entre Anglais et Français , une autre cause d'animosité féroce. Aux yeux de ceux qui poursuivaient la lutte, c'étaient des guerres de succession. Aussi, des questions de fidélité et de soumission naturelles à l'autorité du souverain, venaient-elles se mêler aux considérations ordinaires d'une campagne. En lisant attentivement le récit de ces expéditions, on peut s'apercevoir que les rigueurs particulières de notre Edouard 111 et de notre Henri V, s'expliquent constamment par la conviction du prince victorieux, qu'il avait affaire à des traîtres obligés de se remettre entre ses mains. Et, de fait, la conviction que la population de l'endroit devait légalement allégeance au général de l'armée assaillante, semble bien avoir été le mobile spécial qui aboutit aux extrémités cruelles de ces guerres; tout comme la conviction

Page 1