LES LOIS ACTUELLES DE LA GUEEEE
que rhérésie et rinfldélité étaient légitimement passibles du plus rigoureux châtiment , aboutit à la sauvagerie des guerres de religion. Il n'est pas douteux que nos manuels soient aujourd'hui d'une rectitude parfaite , quand ils déclarent qu'en pratique on ne doit jamais refuser quartier aux gens qui se rendent, à moins que ces derniers se soient rendus coupables d'une violation des usages de la guerre quilles exposerait d'elle-même à la peine de mort; — et lorsqu'on ajoute que, dans ce cas, il faudrait autant que possible les faire prisonniers et les mettre en jugement avant de les exécuter, parce qu'il est rare qu'un combattant soit dans le cas justifiable de prendre en main la défense de la loi contre un ennemi sans résistance. La question est de celles qui furent longuement discutées à la Conférence de Bruxelles; et quelques délégués proposèrent même que les espions, au lieu d'être exécutés sitôt pris, fussent toujours désormais traités en prisonniers de guerre.
Nous arrivons maintenant aux chapitres de ces manuels militaires, qui sont d'une lecture moins pénible. <( On doitnon seulement épargner les blessés, mais l'humanité exige, lorsqu'ils tombent entre les mains de l'adversaire, que
204 LE DROIT lNTEaNATIO?fAL. '— LA GUERRB.
l6ur soin passe avant tout autre, sauf le soin des blessés appartenant au parti du capteur.
Les chirurgiens et autres assistants à leur service, bien qu'attachés aux forces en armes ^ sont garantis contre le risque d'attaque, à moins qu'ils dépouillent leur caractère de non combattants, et se servent d'armes véritables, auquel cas on doit les traiter comme incorporés parmi les combattants effectifs. La même tolérance et le même genre de traitement doivent s'étendre à tous ceux qui suivent la troupe, ainsi qu'à tout le personnel accessoire de l'armée qui ne porte point d'armes. »
Les premières et les dernières lignes de ce paragraphe nous exposent les résultats de la Convention de Genève, le point le plus avancé que les idées humanitaires aient atteint j usqu'ici dans la conduite actuelle d'une guerre. Cette Convention a été signée le 22 août 1864. D'après son titre même, elle a été dressée « pour l'amélioration du sort des blessés dans les armées en campagne. » Je vais vous lire quelques-unes de ses clauses principales.
« Les ambulances et les hôpitaux militaires sont reconnus neutres, et comme tels protégés et respectés par les belligérants, aussi longtemps qu'il s'y trouve des malades ou des blés-