‹ Le droit international: La guerreChapitre 23 sur 32 · DBS PRISONNIERS ET DE LA RÈGLE DE QUARTIER · texte numérisé non relu

DBS PRISONNIERS ET DE LA RÈGLE DE QUARTIER

dale à TÂDgleterre comme Tun des plus grands méfaits qu'elle ait commis contre eux. Au fond, l'Angleterre se trouvait en grand embarras de se pourvoir de lieux de sûreté pour les prisonsiers, à cause du manque ou de la rareté des installations de ce genre dans le pays. Et Ton sait aujourd'hui que, dans la dernière période de la lutte, l'Empereur Napoléon n'inclinait guère à faciliter les échanges de prisonniers entre les deux puissances. Recrutant ses armées gigantesques, non seulement en France, mais, à vrai dire, sur la totalité du continent, il regardait d'un œil peu favorable tout ce qui pouvait ajouter au chiffre de l'armée britannique, qu'il estimait plus réduite qu'elle ne l'était réellement, ou tout ce qui devait accroître ses propres forces développées jusqu'à l'hypertrophie. Néanmoins, il est probable que, durant la guerre de Sécession comme pendant la lutte francoanglaise des premières années de ce siècle , on n'aura pas toujours assez témoigné d'égards aux prisonniers; et j'espère qu'avec les recommandations expresses, sur lesquelles insistent les manuels nouveaux, et qui feront loi désormais en campagne , il n'y aura plus lieu de se plaindre à l'avenir du traitement des prisonniers de guerre.

244 LB DROIT IlfTSaifATIOIfAL. — LA GUBRRB.

La seule atténuation complète au malheur de la captivité ne peut être, bien entendu , que révasion du prisonnier , dont j'ai déjà dit quelques mots, ou Taction des règles qui autoriseraient sa libération définitive. Selon toute vraisemblance , les expédients dont on se sert pour relâcher les prisonniers remontent à Tusage présentement éteint de la rançon. Entre autres effets du principe que le captif devenait esclave, devait naître Tidée que naturellement il pourrait offrir à son capteur, si sa fortune le lui permettait, un prix suffisant pour induire . ce dernier à se dessaisir de ce qui était devenu sa propriété. On exigeait, paraît-il, au Moyen- Age, de très fortes sommes d'argent pour la rançon d'un chevalier à cotte de mailles.

C'était d'ordinaire un homme de naissance et de fortune. Mais, à mesure que le chevalier perdit de son importance relative, et que la portion la plus active des troupes eut fini par se composer d'hommes d'armes, puis de corps mercenaires armés d'engins nouveaux, il se formula un certain nombre de règles qui tendirent à faciliter le renvoi spontané du gros des captifs. A la bataille de Poitiers, il y eut, nous assure-t-on positivement, tant de prisonniers , qu'il devint nécessaire de relâcher

DBS PBlSONniBRa KT DB LA hAgLB DB QDABTIBK.

les chevaliers en les inscrivant débiteurs chiffre de leur rançon dont on n'exigea p< le paiement immédiat; et le surplus des capi en nombre vraiment énorme, fut simplen échangé.

L'échange est aujourd'hui devenu l'un usages réguHers de la guerre, l'un des plus mains d'ailleurs, et des plus bienfaisants; encourt même, d'habitude, beaucoup de disi dit en refusant de s'y prêter. Cependant , q' que t'échange, dit le texte des manuels qu viens de citer, soit ^ mode usuel pour relâc les prisonniers de guerre, une nation ne rend coupable d'aucune infraction formelle coutumes militaires, quand elle refuse d'éct ger les siens; elle demeure libre de les r nir jusqu'à la an de la guerre. Les échan s'opèrent nombre pour nombre, grade p grade, blessé pour blessé, avec adjonction clauses pour adjonction de clauses, — tell par exemple, que de ne pas servir pendant temps, donné. Dans l'échange des prisonni de guerre, on peut s'entendre pour substit à un officier de rang supérieur un nom quelconque d'hommes de rang inférieur coa équivalent. Mais il faut que cet accord reçc la sanction du gouvernement, ou du comm

346 LB DROIT IirrERNATIONAL. — - LA GDBBRB.

dant en chef si Ton est en campagne. Tout prisonnier de guerre est tenu, sur l'honneur, de déclarer son grade au capteur ; et jamais il ne doit s'attribuer un grade inférieur à celui quMl possède réellement, afin de provoquer un échange plus avantageux, ni s'arroger un grade supérieur, pour obtenir un meilleur sort.

Il n'est pas rare que les prisonniers soient aussi relâchés moyennant engagement sur parole d'observer certaines conditions imposées par le capteur. On dit, en ce cas, que le prisonnier de guerre a donné sa parole ; et , si sa parole est acceptée par le capteur, les Anglais le déclarent .<( parole. » L'engagement ordinaire que l'on prend , en donnant sa parole, est de ne pas servir pendant toute la durée de la guerre actuelle. Cet engagement ne s'étend qu'au service actif contre l'ennemi. Il ne vise point le service in té* rieur, tel que le recrutement et le dressage des conscrits, l'apaisement des troubles civils, les combats à livrer contre des belligérants sans aucune relation avec le belligérant parolant, les services administratifs ou diplomatiques auxquels on emploierait la personne parolée. Les autorités juridiques tiennent la parole pour un contrat volontaire ^ intervenu entre deux parties. Rien n'oblige le capteur d'ofirir au prison*

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