DBS CHANCES D* ABOLIR LA GUERRE
quent, l'arbitrage, dont on nous parle tant, finirait à la longue, si on ressayait sur une vaste échelle, par trahir les insuffisances que manifesterait bientôt une cour judiciaire, pour peu que TEtat négligeât de Tinvestir d'un pouvoir de coercition irrésistible.
Le manque de force coercitive est, au fond, la grande lacune qui accompagne toutes les tentative s pour améliorer le Droit international au moyen d'expédients empruntés à l'économie interne des Etats , — pour le perfectionner à Vaide d'une sorte de législation, ou d'une sorte d'administration du Droit par des tribunaux organisés. Cependant, quiconque suit avec intelligence le cours des événements, conviendra que le succès a répondu, dans une certaine mesure, aux efforts de l'arbitrage international; et nous avons d'excellentes raisons de lui souhaiter une sphère d'action plus étendue. Mais, dans l'état actuel, son emploi comporte quelques inconvénients pratiques sur lesquels on peut insister, parce qu'il ne semble pas impossible d'y porter remède.
Les gens de loi qui exercent en Angleterre savent qu'il est une classe de plaignants impopulaires, pour ainsi dire, aux yeux des tribunaux anglais; de sorte que l'on éprouve des
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diflSoultés considérables à leur faire rendre pleine justice. Entre autres, se rencontrent, par exemple, les compagnies d^assurances , et, jusqu'à un certain point, les compagnies de chemins de fer. De même, il se trouve des Etats qui portent leurs démêlés devant les arbitres internationaux et qui sont, au même sens, des plaideurs impopulaires; et, sMl était possible de se livrer à des recherches sur la question , je ne serais pas surpris de constater que, de Taveu des diplomates ou des politiques chargés de ses affaires étrangères , TÂngleterre n'est pas une plaideuse sympathique aux arbitres. La vérité est que l'Angleterre passe pour très riche, pour capable de supporter une amende pécuniaire beaucoup mieux que tout autre pays. On la regarde comme relativement insoucieuse de sa politique extérieure, et comme d'une susceptibilité médiocre à l'égard d'une censure judiciaire. Enfin, l'impression générale est qu'elle gouverne ses relations internationales de manière à esquiver sa part légitime des anxiétés et des souffrances qui retombent sur les autres Etats par suite de guerres , d'appréhension de guerres, ou de préparatifs de guerres. En outre, on ne saurait nier, je pense, que la composition des cours d'arbitrage interna-