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le président Monroe se rallia à la politique du congrès et n'hésita pas à féliciter le pays d’avoir su garder une neutralité absolue dans cette question ; mais dans son message du mois de décembre 1819, après avoir rappelé la ligne de conduite adoptée par le gouvernement fédéral, M. Monroe faisait déjà observer que Buenos Aires continuait à défendre avec énergie son indépendance, qu'elle
avait proclamée en 1816 et qui existait de fait depuis 1810; quil
en était de mème des provinces septentrionales du Rio de la Plata, du Chili et du Vénézuéla ; mais il ne se bornait pas à consigner ces faits : en déduisant la conséquence logique, il déclarait que la souveraineté de fait dont les colonies espagnoles, plus particulièrement Buenos Aïres, jouissaient depuis un long espace de temps, en dépit des efforts de l'Espagne, constituait un titre incontestable à la considération des autres nations ; qu'on pouvait présumer que l'impuissance de l'Espagne, à recouvrer ses possessions colomales devenant de plus en plus évidente, le gouvernement espagnol finirait lui-mème par renoncer à prolonger la guerre, et que l'opinion des Etats neutres ne manquerait pas d’avoir une certaine influence pour l’amener à cette détermination. Le président terminait son message en proposant de réviser les lois sur la neutralité de mamère à en étendre la portée et à en rendre Papplication plus rigoureuse., En 1820, il reproduisit les mèmes déclarations et proclama que la politique invariablement suivie par le gouvernement
des Etats-Unis dans la question des anciennes colonies de: l’'Amé-
rique du Sud avait été d'amener l'Espagne, par des moyens amiables, à reconnaître ces colonies comme indépendantes. Gependant l'opinion publique aux Etats-Unis se prononçait déjà si fortement en faveur d’une reconnaissance immédiate qu’en 1821, M. Clay, dont la proposition à ce sujet avait échoué dans le congrès de 1818, en présenta une nouvelle, conçue dans les termes les plus explicites et les plus concluants, laquelle fut accueillie favorablement par la Chambre des représentants, mais rejetée par le Sénat. M. Monroe, dans son message du mois de mars, conseilla encore la politique de neutralité, en exprimant l'espoir que le changement de gouvernement survenu en Espagne aurait pour résultat une solution prompte et satisfaisante de la question. Dans un autre message de la mème année, il exposa qu'il était évident que l’Espagne ne parviendrait jamais à soumettre ses colonies, et que celles-ci, de leur côté, ne transigeraient à aucun prix sans la reconnaissance préalable de leur indépendance. Cette déclaration de la plus haute importance, qui établissait dorénavant d’une manière
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fixe l'attitude des Etats-Unis dans la question de l'Espagne et de ses colonies, fut en quelque sorte la base de la décision prise par le congrès fédéral dans sa célèbre séance de janvier 1822, dans laquelle le congrès, d'accord avec le président Monroe, reconnut, par un vote presque unanime, l'indépendance du Mexique et des autres colonies espagnoles de l'Amérique du Sud. Peu de temps après le gouvernement des Etats-Unis accrédita des agents diplomatiques auprès des gouvernements des nouveaux Etats.
S 96. Les mêmes principes furent appliqués par le gouvernement des États-Unis relativement au Texas. Le congrès de 1836 décida que l'indépendance de ce pays serait reconnue par les États- Unis dès que le gouvernement fédéral se serait procuré les données nécessaires pour apprécier si cette province était à même de remplir les obligations et d'exercer les droits d’un Etat indépendant.
La même année, le président Jackson, dans un message spécial qu’il adressa à ce sujet au congrès, disait que la reconnaissance de l'indépendance d’un Etat nouveau, qui avait droit de figurer dans la grande famille des nations, avait toujours été une question délicate, impliquant une grave responsabilité, mais que cette responsabilité était plus grande encore lorsqu'il s'agissait d’un Etat qui avait fait partie intégrante d’un autre Etat dont il s'était séparé violemment. «Dans ce cas, ajouta-t-il, si la reconnaissance prématurée de l'indépendance ne peut ètre considérée absolument comme une cause légitime de guerre, tout au moins est-on fondé à y voir un acte d'hostilité envers l’une des parties belligérantes. » Finalement l'indépendance du Texas fut reconnue en 1837 par les Etats-Unis, et en 1840 par l'Angleterre et la France.
Au milieu des circonstances analogues qui se sont produites dans le Nouveau Monde, la Confédération de l'Amérique du Nord a obéi, en général, aux préceptes d’une sage prudence, et n'a reconnu les Etats nouveaux qui se sont séparés d'une métropole ou d’une patrie commune que lorsque les Etats ont pu vivre indépendants, iorsque tout danger avait disparu pour eux de retomber sous une domination étrangère. Tels sont du moins les principes qui ont guidé le cabinet de Washington, quand il a reconnu l'indépendance séparée de la Nouvelle Grenade, du Vénézuéla et de l’Equateur, membres détachés de l’ancienne république de la Colombie. |
$ 97. Un autre précédent à rappeler à propos de la question qui nous occupe, C'est- la conduite tenue par les mêmes Etats-Unis nord-américains à propos du soulèvement de la Hongrie en 1849.
du Texas,
1849, Insurrection de la Hongrie.
A quel pouvoir appartient la reconnaissance de l’indépendan ce d’une colonie onu d’une province
Efiets, produits par un changement fondamental dans les relations internationales d’un Etat.
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