LIVRE IV
$ 210. L'égalité des États souverains est un principe du droit public généralement reconnu. Elle à pour double conséquence d’attribuer à tous les Etats les mêmes droits et de leur imposer mutuellement les mêmes devoirs. L’étendue relative des territoires ne saurait justifier sous ce rapport la moindre différence, la moindre distinction entre les nations considérées comme personnalités morales, et, au point de vue du droit international aussi bien qu’à celui de l'équité, ce qui est licite ou injuste pour un État l’est également pour tous les autres. « On ne doit pas, disait M. Sumner au Sénat des États-Unis le 23 mars 1871, faire à un peuple petit et faible ce qu’on ne ferait pas à un peuple grand et puissant, ou ce que nous ne souffririons pas, si cela était fait contre nousmêmes. »
Chaque nation, suivant Vattel, puise dans l'égalité l’indépendance et la liberté qui lui appartiennent en propre, le droit de ne suivre que les inspirations de sa conscience pour l’accomplissement de ses devoirs ; elle se trouve ainsi placée, au moins extérieurement, sur la même ligne que les autres pour la gestion et l’administration de ses intérêts, de sorte que la justice intrinsèque de ses actes échappe à tout contrôle, à tout jugement de la part des étrangers, attendu que tous les membres de la société humaine jouissent absolument de la même somme de droits.
C’est de cette égalité de droits que dérivent les règles de ce que