DIFFÉRENTS MODES DONT PEUVENT ÊTRE TERMINÉES LES CONTESTATIONS
§ 106. Les contestations internationales sont privées en général de toute autre garantie que celle que donnent la force de la vérité et la puissance matérielle des parties en litige. Elles n’ont d’autre „forum“ que la bonne foi et l’opinion publique. C’est donc aux parties elles -mêmes à s’entendre sur le mode
le plus convenable pour le règlement de leurs différends, et si elles n’y réussissent pas, à aviser aux moyens les plus propres pour soutenir ou pour faire triompher leurs prétentions respectives. Le dernier ou le moyen extrême, propre à sauvegarder des droits méconnus ou violés, c’est l'emploi de la force. Tantôt d’un caractère purement passif, elle cherchera à repousser l'agression ; tantôt, agressive à son tour, elle s'efforcera d’obtenir la réparation refusée.1 Dans le premier cas elle se contentera de repousser l’attaque et d’en empêcher le retour, dans le second elle ne déposera les armes qu’après avoir obtenu une pleine satisfaction. Pour atteindre ces fins, il est permis même de détruire l’ennemi; mais*c'est une extrémité qu'il ne faut jamais regarder comme le but direct de la force légitime. Elle doit s’appuyer en même temps sur des causes légitimes, et, hors le cas de nécessité, elle ne pourra dépasser son but. Autrement l'agression et la défense cessent d'être justes et légitimes, lorsque surtout, au lieu de formuler les griefs et de les justifier, on recourt immédiatement à l’emploi de la force, sans qu’il existe aucun péril imminent. Car c'est la nécessité seule qui en fournit la justification.