‹ Le Droit international public de l'EuropeChapitre 197 sur 224 · STYLE DIPLOMATIQUE · texte numérisé non relu

STYLE DIPLOMATIQUE

§ 236. S’il est vrai, comme l’a dit un éminent écrivain, que le style est l'homme, dont il réfléchit les idées, le style dans lequel s’exprime l’État, doit emprunter quelque chose à son caractère élevé. Le ministre chargé de parler au nom de l’État, doit faire abstraction de sa propre individualité et choisir les formes qui font le mieux ressortir la dignité de cet être collectif, organe suprême de la raison sociale. Le style diplomatique doit se maintenir à une certaine hauteur, sans toutefois prétendre au langage des dieux, sans cesser d’être celui des hommes. Il doit être marqué au coin de la précision dans les termes, de l’ordre dans l'exposé des faits, il doit éviter les expressions basses et communes. La logique et la clarté, voilà les qualités essentielles d’un style qui n’est ni celui du métaphysicien, ni celui de l’orateur.1

L’importance qui s’attache à toute espèce de compositions

•) Flassau , dans son Discours préliminaire à l'Histoire de la diplomatie française, observe à cet égard: „ Le style diplomatique, à quelque sujet qu'il s’applique, ne doit pas êtro celui de l’académicien, mais celui d’un penseur froid, revêtant d’une expression pure et exacte une logique non interrompue. La chaleur qui fait presque toujours le succès de l’éloquence, doit en être exclue.”

diplomatiques, tant à cause du respect que les parties se doivent personnellement, que de la gravité du sujet, leur impose l’obligation de les rédiger avec une attention toute particulière, ne fussent- elles destinées qu’à remplir un simple besoin du cérémonial. Des erreurs, des fautes légères donnent quelquefois lieu à des mal -entendus. Il serait sans doute peu convenable de les traiter toujours avec la même rigueur. On n’y attache aucune importance, dès qu’elles ne contiennent rien de blessant. Lorsqu’au contraire une partie se croit lésée dans ce qu’elle est en droit de prétendre, elle relève l’erreur en avertissant ou en protestant pour l’avenir. Ou bien, si elle suppose qu’on y ait mis de l’intention, elle refuse de faire une réponse quelconque avant que d’avoir obtenu le redressement. Elle peut refuser aussi de recevoir la pièce et la déclarer inadmissible.1

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