SOLUTIONS VIOLENTES. « REPRÉSAILLES
que le gouvernement anglais regardait comme un de ses sujets par la raison qu'il était né à Gibrallar, quoique ce même Pacifico eût été pendant plusieurs années consul général de Portugal en Grèce, et que dans une occasion antérieure, où il avait eu besoin de recourir à une intervention diplomatique, il se fût adressé non pas à la légation d'Angleterre, mais bien à celle d'Espagne, dont il qualifiait l'envoyé de son représentant.
§ 1815. La réclamation de Don Pacifico, selon le secrétaire Di>euMion d*État anglais, avait pour objet a la valeur de biens et d'effets lui ^jrl^nemfnT appartenant, qui avaient été détruits le à avril 18/i7, lorsqu'une populace séditieuse, soutenue par des soldats et des gendarmes grecs, avait fait irruption dans sa maison à Athènes et l'avait pillée en plein jour d. Au nombre de ces biens et effets détruits, Don Pacifico prétendait avoir été perdus des titres d'une créance de 7&8,000 drachmes contre le gouvernement portugais ; il évaluait ensuite à 138,000 drachmes les pertes qu'il avait faites en argent comptant, en bijoux en linge, etc. ; enfin il réclamait une indemnité de 500 livres sterling pour les souffrances éprouvées par lui et sa famille.
En dehors des questions de la nationalité douteuse de Don Pacifico et de Texagération de ses réclamations, le gouvernement grec objecta que « les autorités avaient fait tous leurs efforts pour arrêter la perpétration de l'acte déplorable, qui était déjà commencé avant leur intervention,et pour livrer les coupables aux mains de la justice ; que ces efforts n'avaient pas pleinement réussi pour des raisons indépendantes de la volonté de ces autorités et du gouvernement grec ; mais que, suivant la législation grecque ainsi que celle des autres nations do l'Europe et d'après les principes qui règlent leurs relations internationales, Don Pacifico aurait dû introduire devant les tribunaux civils de la Grèce une demande en dommages contre ceux qu'il pouvsdt considérer comme les auteurs de cet acte coupable ; que le gouvernement ne pouvait pas accorder à un étranger des privilèges qui n'appartiennent pas à ses propres sujets ; que s'il n*en était pas ainsi, tout étranger intéressé à se faire indemniser pourrait facilement amener un pillage chez lui, et, sans avoir recours à la justice, s'adresser directement au représentant de sa nation ; qu*il était impossible au gouvernement du roi d'indemniser les personnes qui ont souffert d'un crime commis à leur préjudice ; que c'était à elles, Grecs ou étrangers, à se pourvoir devant les tribunaux, et ce n'était que dans le cas où, justice leur étant rendue, le gouvernement ne ferait pas exécuter la sentence prononcée en
Ultimatnoidé l'Anflaterre.
ProtoNUtion
deUGrèe«.
Médiation de U France.
leur faveur, que les étrangers pourraient invoquer la protection de leur représentant »
§ 1816. Il s^établit entre la légation britannique et le gouveroement grec une longue correspondance, qui n'amena aucun résultat; enfin le 16 janvier 1850, c'est-à-dire deux ans et demi après le pillage de la maison de Don Pacifico, le ministre d'Angleterre déclara au ministre des affaires étrangères de Grèce a que le gouvernement de S. M. Britannique ayant employé inutilement tous les moyens possibles pour obtenir à l'amiable le redressement des torts causés en Grèce à des sujets anglais et ioniens, il ne lui restait plus qu'à exiger formellement que les réparations demandées fussent entièrement et pleinement satisfaites dans les vingt-quatre beares, et avec les intérêts pour chacune d'elles au taux légal de 12 0/0, à dater du jour de chaque réclamation jusqu'au 17 du mois courant ».
§ 1817. Le gouvernement grec, sans articuler un refus formel, protesta contre cet ultimatum dans les termes suivants :
a La Grèce est faible, et elle ne s'attendait point à ce que de pareils coups lui fussent portés par un gouvernement qu'elle comptait, avec autant d'orgueil que de confiance, parmi ses bienfaiteurs. En présence d'une force comme celle qui obéit à vos instructions, le gouvernement de S. M. Hellénique ne peut opposer que son bon droit et une protestation solennelle contre les actes d'hostilité accomplis en pleine paix, et, sans parler d'autres intérêts de premier ordre, attentatoires au plus degré à sa dignité et à son indépendance. Dans ces tristes conjonctures, certains de l'appui du peuple grec et des sympathies du monde entier, le roi de Grèce et son gouvernement attendent avec douleur, mais sans faiblesse, la fin des épreuves que, par ordre du gouvernement de S. M. Britannique, vous pouvez encore leur faire subir. »
§ 1818. L'escadre anglaise agit alors avec rigueur, bloqua les ports et saisit les bâtiments de guerre et de commerce grecs qui tombèrent sous sa main, jusqu'au moment où, les bons offices de la France étant acceptés, l'ordre lui fut transmis de se borner à conserver comme nantissement les bâtiments qu'elle avut déjà saisis.
La médiation de la France dans cette affaire faillit avoir pour conséquence de brouiller cette puissance avec l'Angleterre ; en effet, un projet d'arrangement présenté par le représentant de l'Angleterre ayant été repoussé par le baron Gros, commissaire français, comme injuste et humiliant pour le gouvernement grec, l'amiFal