SOLUTIONS VIOLENTES. — REPRÉSAILLES
anglais, sans attendre de nouvelles instructions de Londres, reprit les mesures coercitives. En apprenant cet étrange résultat de sa médiation, le gouvernement français, le 1& mai, rappela de Londres son ministre plénipotentiaire, dont il jugeait que a le séjour n'était plus compatible avec la dignité de la République ». Néanmoins les négociations furent bientôt reprises ; la question des indemnités pécuniaires et l'affaire du Fantôme furent réglées sur de nouvelles bases, et le ministre français retourna à son poste.
8 1819. Quant aux prétentions de Don Pacîfico relativement à la Reniement pertc de ses titres de créance sur le gouvernement portugaw, elles w acooniée à furent soumises à une enquête spéciale ; une commission réunie à Lisbonne en février 1851 donna ses conclusions le 5 mai suivant : prenant en considération qu'il était possible qu'un petit nombre de documents de médiocre importance se fussent perdus lors du pillage de sa maison, et tenant compte des dépenses qu'il pouvait avoir faites pendant la durée de Tenquète, elle fut d'avis d'accorder au sieur Pacifico, payable par le gouvernement grec, une somme de 150 livres sterling, au lieu de 21,295 qu'il réclamait dans l'origine.
§ 1820. La conduite du gouvernement anglais dans cette occa* Remontrai.. sion souleva l'indignation de l'Europe entière ; et, à la date du 19 février 1850, la Russie lui adressa de vives remontrances par Tentremise de son ambassadeur à Londres. La lettre du chancelier de l'empire, M. le comte de Nessclrode, se terminait ainsi :
« L'accueil qui sera fait à nos représentations est destiné à jeter un grand jour sur la nature des relations que nous aurons désormais à attendre de l'Angleterre, je dirai plus, sur la position à l'égard de toutes les puissances, grandes ou petites, que leur littoral expose à une attaque inopinée. II s'agit en effet de savoir si le gouvernement britannique, abusant de la situation que lui fait son immense supériorité maritime, prétend s'enfermer désormais dans une politique d'isolement, sans souci des transactions qui le lient aux autres cabinets, se dégager de toute obligation commune, de toute solidarité d'action, et autoriser chaque grande puissance, toutes les fois qu'elle en trouvera l'occasion, à ne reconnaître envers les faibles d'autre règle que sa volonté, d'autre droit que la force matérielle. »
Le journal de Londres, le Times^ en reproduisant le texte de la dépêche russe, dit : « Jamais dépêche touchant plus profondément à la paix do l'Europe, à la dignité de notre pays et aux relations
ce? lie la Ru«sie à r.Vn^'Ioterre.
extérieures de la Grande-Bretagne n'a été remise à un ministre anglais ; et jamais, nous sommes malheureusement forcés de rajouter, il n'en a été de plus irréfutable, de plus juste dans ses principes et de plus piquante dans ses reproches, i»
Le cabinet Palmerston subit également un blâme sévère de la part de la chambre des Lords, où lord Stanley condamna sa conduite comme a inconvenante, injuste, brutale et ayant tendu sans nécessité à troubler l'harmonie qui doit régner entre les puissances de l'Europe ». La motion de blâme proposée par l'orateur fut adoptée par la chambre à une majorité de trente-sept voix. 1861. § 1821. Au mois de juin 1861, un navire de commerce anglais.
RepréMiilei , ^ . ,,,,,«« , . , , . . .
de l'Angle- Ic Pntice ot Walcs. fit naufrage sur les côtes de la province brési-
terre contre / ' o r
le Bréiii. lienne du Rio-Grande du Sud. L'équipage fut noyé, et la cargaison disparut au milieu delà tempête; mais quelques épaves et les cadavres de quatre matelots furent jetés sur la plage. Le consul anglais dans ces parages prétendit que les épaves provenaient du pillage du navire naufragé par des sujets brésiliens, qui avaient en outre assassiné les quatre matelots. Se fondant sur les allégations de son consul, le gouvernement anglais adressa une demande d'indemnité pécuniaire au gouvernement brésilien ; ce dernier ayant refusé d'y satisfaire à moins d'être contraint par la force, une croisière anglaise bloqua le port de Rio-de-*Janeiro durant s\x jours (du 31 décembre 1862 au 6 janvier suivant), tandis qu'en dehors un vapeur de guerre anglais donnait la chasse aux bâtiments de commerce brésiliens dans les eaux territoriales de l'empire : cinq bâtiments capturés dans ces circonstances furent conduits à peu de distance de la capitale, dans la baie das Palmas, convertie ainsi en dépôt de prises. Ces cinq prises furent restituées quelques jours après, à la suite d'un échange de notes entre le ministre des affaires étrangères du Brésil et le ministre plénipotentiaire de la Grande-Bretagne à Rio-de-Jancîro. Le gouvernement brésilien, « voulant éviter qu'on lui attribuât l'intention de s'opposer â quelque moyen pacifique et honorable de résoudre les questions pendantes », se déclara prêt à remettre sous protêt la somme que le gouvernement de S. M. Britannique exigerait. En effet, le 26 février suivant, la légation brésilienne â Londres versait àla trésorerie anglaise 3,200 livres sterling, somme â laquelle avait été réduit le montant primitif (6,525 liv. 19 sh.) des réclamations, dont Texagéralion avait été reconnue; mais en même temps, M. Moreira, baron doPenedo, ministre plénipotentiaire du Brésil, déposa une protestation contre les actes du gouvernement anglais ; puis, dans une note en date du