‹ Le droit international théorique et pratique; précédé d'un exposé historique des progrès de la science du droit des gens (volume 5)Chapitre 6 sur 20 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

sans épargner le sang acquerra toujours la prépondérance sur l'adversaire qui n'agit pas de mème et lui dictera sa loi.

€ Itroduire un principe modérateur dans la philosophie de la guerre, c'est commettre une absurdité.

« Si les peuples civilisés n'égorgent pas leurs prisonniers, ne détruisent pas les villes et les villages, n'incendient pas les fermes, etc., ce n’est pas par humanité ; cela tient à ce que l'intelligence a plus de part à la conduite de la guerre qu'autrefois. La civilisation a développé cette intelligence et celle-ci leur a révélé un emploi plus efficace de la force. C'est-à-dire que, par les contributions qu'on lève et les traités qu'on impose à son adversaire, on peut tirer un profit plus avantageux de la victoire.

« La guerre est un acte de violence à l'emploi de laquelle il n’y a aucune limite.

« Les forces agissantes à la guerre sont les ressources matérielles dont on dispose et la force de volonté. Pour vaincre, il faut tendre ces forces à l'extrème (1). »

(1) Derrégagaix, La guerre moderne, Paris, 1885, v. I, p. 25.

un Etat où un peuple fait respecter ses droits, en luttant les armes à Ja main contre on autre Etat où un autre peuple. » Pour Fiore, (te das Go ne Gén de Gr O1 IR la violence ». Selan Massé, « la guerre est un moyen de vider par la voie des armes un différeud entre deux peuples qui n'ont pas de supérieur commun auquel le jugement pacifique de la contestation puisse être remis», Phillimore définit la guerre .« l'exercice du droit international d'action, auquel, par la nature dé la chose et en l'absence d'un tribunal supérieur commun, les nations sont contraintes d'avoir recours pour affimmer et déféndre leurs droits ». Enfin, d'après Woolsey, la guerre est une interruption de l'état de paix dans le but de tenter d'opérer le bien ou d'empècher le mal par la force, et une guerre juste et une tentative d'obtenir justice où de prévenir l'injustice par la force, ou, en d'autres termes, de ramener une partie oflensante À un état d’esprit et à une conduite équitable, en lui infligeant le mal qu'elle a mérité,

Selon Geffcken enfin : la guërre « consiste dans les elforts que font deux Ftats pour triompher par la force du conflit des intérèts et des prétentions, conflit qui ne semble pouvoir être écarté au moyen d'une entente ou par des actes de défense personnelle unilatérale; chacun des adversaires s'efforce, par le déploiement de toutés ses forces, de détruire les moyens par lesquels l'autre adversaire soutient sa volonté ».

$ 1865. Toutes ces définitions nous paraissent jusqu'à un certain point incomplètes, puisqu'elles n’expliquent ni ne comprennent le cas de la guerre civile, dans laquelle l'une des parties en pré= sence et parfois toutes les deux ne sont ni indépendantes ni souve= raines,

Quant 4 nous, si la notion générale de la guerre ne nous semblait pas se dégager naturellement des questions que nous aurons sue= cessivement à développer ici, nous aurions été disposé à définir la guerre cet état anormal d'hostilité qui se substitue aux relations de bonne hérmonie de nation à nation ou entre concitoyens apparte= mant à des partis politiques différents, et qui a pour objet de con-

populations k

Me Tenut dosrasitathns imposées par le de nécessité.

Chaque Etat peut avoir"son droit de la guerre ati =nn T'établissant, fl doit tenir compte de certaines nécessités qui source dans la naturo des choses et qui en modifient les moyens d'exécution. :

Dos Etats qui so font la guorre peuvent bien rompre en ce les concerne personnellement les relations, les obligations proques de droits et de devoirs créées entre eux par le droït des gens en temps de paix ; mais ils ne peuvent les anéantir par rapport aux autres Etats, à la souveraineté et à l'indépendance desquels il leur est interdit de porter attcinte ; ils ne peuvent détroire Ja civilisation, les progrès réalisés, les notions intellectuelles développées par les nations : ce sont là autant de barrières devant lesquelles l'intérèt personnel est contraint de transiger. Or, commeces faits s'imposent également à tous les Etats qui peuvent se trouver en guerre, tous sont dans la nécessité d'en tenir compte, et il enest résulté une sorte d'entente tacite sur la manière d'employer la force, et par suite l'acceptation et l'observalion par tous de certaines pratiques communes, passées désormais à l'état de coutume, et devenues de véritables obligations, auxquelles aucun Etat n'ose plus sé soustraire sous peine d'encourir la réprobation générale. Sur quelques points mème, il est intervenu entre plusieurs Etats et l'on peut dire entre la majorité des nations, des pactes positifs, des conventions où des traités qui consacrent des modes de pros céder, des usages mis ainsi sous la sauvegarde du droit international ; la lutte a lieu alors dans certaines conditions, et les com battants s'accordent mutuellement la confiance qu'elles seront

… Donc, ai l'on peut dire que l'acte de guerre est un acte excep= ionnel auquel s'attachent des droits spéciaux, ces droits ne peuvent” Brel qu'à la condition de l'accomplissement de certains de-

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